Cours, Lola, cours ! – Tom Twyker (1998)

Une course contre la montre épileptique !

Une course contre la montre épileptique !

C’est drôle comme l’Allemagne (et en général l’Europe de l’Est) aime se démarquer du cinéma traditionnel avec des tentatives underground toutes plus intéressantes les unes que les autres. Cours, Lola, cours a tout du premier film fauché et ambitieux, où le manque de moyens apparent laisse la place à une créativité débordante. Avec deux bouts de ficelles, Tom Twyker parvient à nous pondre un long métrage extrême, où l’intensité de sa mise en scène sert complètement son récit, situé à mi chemin entre fantastique et sociétal (à l’instar de Kontroll). Baignant dans la culture nocturne allemande, le film tient sa fraîcheur de son actrice principale, véritable pile électrique donnant de sa personne à chaque instant.

Complètement barré, le film est un cartoon dopé au speed !

Complètement barré, le film est un cartoon dopé au speed !

Cours, Lola,cours n’est pas sans rappeler un certain Trainspotting qui lançait définitivement la carrière de son cinéaste. On peut en dire autant de Tom Twiker qui, après des débuts passés inaperçus dans nos contrées, parvient à avoir un reflet un peu plus international, jusqu’à le propulser au rang de co-réalisateur du prochain film des Wachowski, Cloud Atlas. Et la boucle est bouclée tant la poésie de ses images, sa capacité à tenir en haleine le spectateur en un temps record et sa narration éclatée où les paradoxes temporels flirtent avec une nonchalance incroyable avec de la musique techno, donnant à son film un pur produit estampillé Berlinois, dans l’ère du temps et véritable porte-étendard d’une mode qui se cherche encore, ressemble à ce vent de nouveauté que cherche les deux frangins pour leur fresque temporelle.

Les fils rouges de chaque répétition sont les seuls moment de répit accordés au spectateur.

Les fils rouges de chaque répétition sont les seuls moment de répit accordés au spectateur.

Psychédélique, la mise en scène emprunte au clip cette capacité à nous submerger d’images et d’informations, de paroles et de musiques, tout en restant compréhensible et fluide. Même s’il n’innove que dans sa manière de raconter une histoire, le réalisateur montre déjà l’étendue d’un talent qui a bien appris ses leçons et qui n’attend qu’un budget plus conséquent pour exploser et s’affirmer. Si les personnages secondaires au couple ne brillent pas par leurs qualité d’interprétation, la jeune Franka Potente rattrape le niveau grâce à un charme animal et une sensibilité débordante, jonglant sans cesse entre joie et tristesse, indécision et confiance en soi.

Il faut une forme olympique pour courir durant les 2/3 du film.

Il faut une forme olympique pour courir durant les 2/3 du film.

Cours, Lola, cours n’a pas volé son statut de rareté cinématographique et sa réputation d’OFNI underground. Des débuts prometteurs qui démontre une fois de plus qu’avec peu d’argents et plein d’idées, on arrive à se démarquer du tout venant.

6,5/10

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