The Crow – Alex Proyas (1994)

Du romantisme comme je l'aime !

Du romantisme comme je l’aime !

Voila une romance que je conseillerais à tous les durs à cuire. Même si elle peut paraître maladroite, notamment à cause des flashbacks pas toujours utile (une scène pré-générique aurait été plus efficace à mon goût), c’est cet amour qui entretient le besoin de vengeance d’Eric Draven (ouh le vilain jeu de mots dans le nom) et qui lui donne la force nécessaire pour renaître d’entre les morts et accomplir sa funeste quête. Alex Proyas, dont le Dark City qui suivra terminera de prouver qu’il est un excellent créateur d’univers, pose déjà les bases de ce qui sera utilisé en terme d’adaptation de comics violent tels que ceux de Miller (Sin City et The Spirit en tête de peloton). A savoir des incrustations numériques, un noir et blanc pluvieux où seul le sang et le feu ressortent, dévorant le cadre à chaque apparition et une véritable patte graphique qui joue sur l’économie de budget sans réduire le matériel d’origine à peau de chagrin.

Une chute vertigineuse dans un monde hostile et dépravé.

Une chute vertigineuse dans un monde hostile et dépravé.

Malgré l’accoutrement gothique du personnage de Brandon Lee, The Crow ne joue jamais la carte de la facilité en nous infligeant un cheptel de punks à dessouder. Les bads guys ont plutôt un look original, comme Tin Tin qui arbore des dizaines de lames sur sa veste ou T-Bird qui a des spasmes colériques qui le rendent imprévisible. D’après les dires, l’adaptation semble être très fidèle ce qui n’est pas pour me déplaire tant le rythme rapide ne nous permet jamais de réellement souffler, comme si on lisait le comics d’une traite. La tension s’accumule au fur et à mesure que l’heure tourne et que la nuit du Feu du Diable prend fin, tension qui explose dans une fusillade monumentale propulsant Eric dans une scène d’action ultra jouissive face à une vingtaine d’hommes armés. Si Proyas doutait d’avoir réussi à iconiser son acteur et son personnage, il le range définitivement au rang des héros les plus classes grâce à cette scène aussi spectaculaire qu’elle surprend tant elle contraste avec le calme apparent d’Eric.

Un film que Heath Ledger a du voir tant les mimiques ressemblent étrangement à celles du Joker.

Un film que Heath Ledger a du voir tant les mimiques ressemblent étrangement à celles du Joker.

La bande originale, principalement composé de morceaux rock de groupes connus, permet de poser les bases d’un univers qui est tout autant visuel qu’auditif. Le rock mélancolique et torturé est porteur de messages vraiment dépressifs, restant constamment en parallèle avec l’histoire, totalement dépourvue d’humour (sauf noir) et de second degré qui nous rappelle sans cesse que la violence dont fait preuve le fantôme d’Eric n’a aucune autre échappatoire possible que la mort de ses bourreaux et assassins. Jamais il est question d’épargner qui que ce soit et dès sa première altercation avec Tin Tin, le spectateur le sait et choisit, en son âme et conscience, de comprendre qu’un tel acte puisse être nécessaire. Cependant, même si le film ne fait pas dans la dentelle, cette violence peut paraître édulcorée étant donné que le justicier est déjà décédé et que le message de vengeance personnelle porte moins loin que s’il avait survécu.

Malgré le choix de décors sombres, Proyas nous gratifie de plans éclatants.

Malgré le choix de décors sombres, Proyas nous gratifie de plans éclatants.

On connaît tous l’anecdote macabre qui entoure le film et qui lui a d’un côté collé une étiquette « culte » qui n’aurait peut être pas été justifié alors. Mais la mort de l’acteur Brandon Lee lors du tournage est un écho vraiment fort au personnage d’Eric Draven qu’il incarne et donne une aura mystique supplémentaire à The Crow qui n’en demandait pas tant. Le travail effectué par la suite rend un véritable hommage à la prestation de l’acteur qui atteignait ici la gloire et une place de choix pour de futures productions audacieuses. Mais à l’instar de son père, son destin pour le moins tragique lui a permis de rejoindre le firmament des étoiles montantes d’un cinéma qui n’aurait pas pu se passer de lui (on pense notamment à Heath Ledger qui explose en plein vol également).

Une variante de la roulette russe.

Une variante de la roulette russe.

The Crow est clairement à ranger du côté des excellentes adaptations tant on sent un amour immodéré du cinéaste pour le créateur de la saga, lui même victime d’une tragédie personnelle qui a fait naître ce récit sincère mais violent. Véritable catharsis d’un homme qui a perdu ce qu’il a de plus cher, le film résonne comme la plus belle histoire d’amour que le cinéma (fantastique) est porté.

8,5/10

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