Flight – Robert Zemeckis (2013)

Espérons qu'il décolle au box-office !

Espérons qu’il décolle au box-office !

Zemeckis, ça fait quand même plus de 10 ans qu’on attend qu’il revienne à un film conventionnel. Car loin d’être un manche en terme d’animation (c’est quand même le papa de Roger Rabbitt), il est davantage doué dans ce qui a trait à l’humain. Ces films le sont si profondément qu’en deux heures, il parvient à nous dépeindre un personnage avec autant de force et de détail que si on avait lu sa biographie. C’était déjà le cas dans Seul au monde, ça se vérifie de nouveau dans Flight. Plus qu’un simple film dramatique où l’enquête va servir de tire-larmes, le cinéaste se concentre sur ce qui fait la force de son film. Et c’est loin d’être le crash aérien.

Le crash est impressionnant !

La scène du crash est à couper le souffle !

Denzel Washington porte l’intégralité du film sur ses épaules. Même si certains viennent lui filer un coup de main, c’est le destin d’un seul et unique homme que l’on va suivre et sur lequel Zemeckis porte son regard tantôt attendrissant, tantôt méprisant. Car c’est en soufflant le chaud et le froid sur le comportement et le caractère de son pilote alcoolique que tout se joue. Et je pense sincèrement qu’avant d’aller voir Flight, il faut se poser une question essentielle: est-ce que j’apprécie Denzel Washington ? Car tous ceux qui l’admirent chercheront à pardonner les erreurs de son personnage tandis que ceux qui ne peuvent pas le voir en peinture rejoindront la cause de ses détracteurs. Et ce problème, récurrent quand on met toutes les attentes sur un seul et unique acteur, est omniprésent tant Zemeckis cherche à avoir l’avis de chacun de ses spectateurs en posant un regard ni vraiment bienveillant, ni vraiment repoussant sur son personnage. Il ne fait que nous montrer ses réactions, ses agissements et cet alcoolisme qui le tue à petit feu. C’est au public d’alimenter ou non le brasier de son bûcher…

A chaque fois que je la vois, je retombe amoureux d'elle...

A chaque fois que je la vois, je retombe amoureux d’elle…

Si l’aspect enquête n’encombre jamais le film, la partie dramatique non plus. Le mélange est subtil et on ne trouve jamais le temps long. Sauf dans l’épilogue qui aurait mérité d’être raccourci, voire inexistant. Si on est jamais dans un manichéisme profond, Zemeckis nous bassine tout de même les oreilles avec un semi-discours théologique, dans des répliques ou des scènes nous plongeant dans une quête de spiritualité bidon (les croyants de la prairie, le copilote, l’hôtesse, le fameux « Acte de Dieu« ). Tout plein d’éléments renvoie au divin, comme si le courage, le professionnalisme et le sang froid d’un seul homme, aussi faillible soit-il dans sa vie familiale et personnelle, ne suffirait pas à sauver une centaine de vies en évitant un crash de manière spectaculaire.

L'épave de l'avion renvoie bien entendu au personnage incarné par Denzel.

L’épave de l’avion renvoie bien entendu au personnage incarné par Denzel.

Ne serait-ce que pour la prestation de Denzel Washington oscarisable à mort ou la scène ultra réaliste du crash aérien qui met les tripes à rude épreuve, il faut aller voir Flight. Si on arrive à passer outre les points négatifs, on peut y voir comme un renouveau de Zemeckis qui, non content de revenir à un cinéma plus traditionnel après ses atermoiements dans les films pour enfants, nous montre qu’il est pas prêt de lâcher sa caméra. Et ça fait plaisir de voir ça !

7/10

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