Génération perdue – Joel Schumacher (1987)

Ça n'a rien à voir avec le fameux courant littéraire...

Ça n’a rien à voir avec le fameux courant littéraire…

Plus qu’un film d’épouvante traitant en profondeur du mythe du vampire, Génération perdue est un teen movie qui s’adresse clairement à un public restreint. Par le choix des acteurs qui ne dépassent pas la vingtaine ou les fameux chasseurs de vampires tout droit sortis d’une production Amblin, Joel Schumacher a voulu convoquer la mythologie du suceur noctambule (je ne parle pas des travelos du bois de Boulogne) pour un jeune public qui se voit contraint de regarder des bobines souvent affligeantes. L’amour du cinéaste pour les jeunes spectateurs (pas au sens Polanskien du thème) se ressent dans la qualité de la mise en scène et de l’écriture. Et la bande originale convoque allègrement un esprit très rock, atmosphère accentuée par les accoutrements de la bande menée par Kiefer Sutherland, tout de cuir vêtue.

Les deux frères sont bien développés, au détriment des vampires. Dommage !

Les deux frères sont bien développés, au détriment des vampires. Dommage !

Même si ça reste une histoire très basique, le film renvoie directement au petit bijou de Tom Holland. En dépeignant son histoire autour d’une relation familiale et en restreignant son décor à la maison et ses alentours, Génération perdue rappelle à de nombreux moments Vampire,vous avez dit vampire ?, le voisin remplacé par le frère. Le thème musical Cry little sister renvoie à cette inlassable cycle jour/nuit, ponctué par l’imagerie de la fête foraine qui revient à chaque coucher de soleil, rappelant le besoin vital de se nourrir des vampires. J’ai été plutôt séduit que Schumacher résiste aux clichés du genre et se refuse de jouer sur le tableau romantique.

Ouais, vu comme ça, on dirait qu'ils sortent d'un clip des années 80...

Ouais, vu comme ça, on dirait qu’ils sortent d’un clip des années 80…

Dans un esprit très rock’n roll, le film multiplie les références à ce style musical. Le clan des vampires peut d’ailleurs être comparé à un groupe de musique où Star serait la groupie et Michael un musicien paumé. Schumacher se contente de raconter son film au scénario digne d’une histoire au coin du feu. Nul doute que ce type de film, où la population « monstrueuse » se réduit à celle d’une petite ville, à du inspirée d’autres cinéastes ou écrivains, des séries comme True Blood ayant fait leur pain béni de ce genre d’atmosphère, le sexe en plus. Car les vampires qui nous sont présentés sont plus asexués et androgynes que des Don Juan hypnotiseurs courtisant les femmes pour mieux en faire leurs esclaves.

Le peu d'effets spéciaux qui nous est montré est convaincant.

Le peu d’effets spéciaux qui nous est montré est convaincant.

Le film de Schumacher est vraiment celui d’une génération, l’adolescent revendicateur se retrouvant dans la quête identitaire de Michael, déchiré entre une vie facile mais hors-la-loi et une vie simple mais raccourcie par le temps qui passe. Pas de quoi s’en relever la nuit mais assez efficace dans son traitement.

7/10

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