Point Break – Kathryn Bigelow (1991)

Et arrêtez de croire à cette jaquette de merde qui fait passer le film pour ce qu'il n'est pas !

Et arrêtez de croire à cette jaquette de merde qui fait passer le film pour ce qu’il n’est pas !

A savoir un film de surf. Ça n’est que la trame de fond qui permet d’amener une dose de sport extrême et qui permet d’expliquer le besoin qu’à Bodhi de vivre sa vie à cent à l’heure en profitant de chaque instant comme si c’était le dernier. Point Break, c’est cette lame de fond qui te renverse et te fait sentir que tu es vivant. C’est cette déferlante qui te fait prendre conscience que face à la nature, l’homme n’est que de passage et que la vie est un tel cadeau qu’il serait dommage de la gâcher sans se lancer des défis à soi et à son propre corps (le personnage ne s’appelle pas Bodhi (entendre Body) par hasard).

Ça n'est pas sain de garder toute sa vie les pieds sur terre.

Ça n’est pas sain de garder toute sa vie les pieds sur terre.

Ce qui dérange clairement, c’est que le film se situe toujours à la frontière de l’homosexualité, flirtant avec des images à la signification crypto-gays qui rendent la relation Bodhi/Johnny légèrement délicate à certains moments. Là où un film comme Heat arrivait à installer dans le coeur des deux personnages une sorte de respect mêlé à de l’amour en évitant tous les pièges, Bigelow tombe dedans en accumulant les plans qui ne rendent pas justice à une argumentation hétérosexuelle. Plans d’abdos, de fesses, de muscles. Tout y passe et les répliques lancés par le personnage incarné par un Keanu Reeves encore puceau du public ne va pas en sa faveur. Comme il doute de sa nature justicière (il n’est pas aussi déterminé que son coéquipier), il doute également de sa sexualité. Ça n’est pas un problème en soi mais ça aurait mérité d’être traité plus timidement que de manière aussi frontale.

Patrick Swayze trouve là l'un de ses meilleurs rôles.

Patrick Swayze trouve là l’un de ses rôles les plus mythiques.

Souvent parodié (Hot Fuzz, La cité de la peur), ça l’a toujours été avec respect et non condescendance. Point Break représente le film de toute une génération et il est compréhensible de voir tant de spectateurs être encore amoureux de ce qu’il représente. Je comprends le pouvoir d’attraction qu’il peut avoir mais on a tellement vu mieux dans le genre qu’il est difficile de s’arrêter à cette aura de film culte. Pourtant, plus de 10 ans me séparent de mon premier visionnage et je me souvenais avec force détails de scènes clés comme cette bagarre dans le jardin ou ce final à la note mélancolique. Bigelow emballe bien le tout avec des scènes d’actions très bien filmées (la course poursuite à pied est ultra fluide).

Une bromance où chacun accepte l'autre tel qu'il est. C'est beau l'amour...

Une bromance où chacun accepte l’autre tel qu’il est. C’est beau l’amour…

Très ancré dans son époque, ça passe tout de même plutôt bien, malgré une version française insupportable (pas le choix) qui rend complètement idiot certains personnages, notamment Johnny Utah qui passe vraiment pour un débile profond lors de certains dialogues ou Bodhi dont la psychologie de bazar devient désuète à cause de la traduction. Même si la révision a été plutôt plaisante, je ne le conseillerais pas autour de moi. Il y a tellement mieux à voir ailleurs.

6,5/10

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