Indiana Jones et la dernière croisade – Steven Spielberg (1989)

Un retour aux sources qui ravive la flamme de l'aventure.

Un retour aux sources qui ravive la flamme de l’aventure.

Troisième et dernier opus de la trilogie promise à Lucas par Spielberg, Indiana Jones et la dernière croisade est le film à la croisée des chemins empruntés par ses prédécesseurs. Le comique de situation est toujours présent mais mieux dilué ce qui permet d’amener quelques touches dramatiques au détour de scènes clés, notamment entre Indy et son père. Même si l’on reste dans le divertissement familial unique et que chaque film peut être vu sans rien connaître de la saga, il est tout de même préférable d’avoir visionné au préalable Les Aventuriers de l’arche perdue, Le temple maudit étant une oeuvre à part par ce choix d’unicité de temps et de lieu et n’apportant que très peu d’éléments permettant de modeler la mythologie du personnage.

Toute l'introduction nous présente chaque attribut de l'archéologue, du chapeau au fouet.

Toute l’introduction nous présente chaque attribut de l’archéologue, du chapeau au fouet.

Par ses destinations plus variées et son exotisme toujours aussi dépaysant, Spielberg tend à prouver qu’il aurait su apporter sa touche personnelle à la saga James Bond sans pour autant la dévaloriser. Et en pied de nez audacieux aux gardiens de la licence, il leur emprunte l’un des représentants les plus renommés de l’agent britannique en la personne de Sean Connery. Elsa Schneider, dont l’interprète a déjà joué dans Dangereusement votre, incarne l’équivalent d’une James Bond girl remarquable. Alors que Marion représentait la femme et Willie le flirt, Elsa est avant tout une incarnation de la figure maternelle d’Indiana Jones (lui et son père ont tissé un lien étroit avec elle).

Venise, course de bateaux, femme fatale: on se croirait vraiment dans les aventures de 007 !

Venise, course de bateaux, femme fatale: on se croirait vraiment dans les aventures de 007 !

Mettant davantage l’accent sur la rivalité familiale qui règne entre les deux professeurs Jones, le cinéaste a su doser avec parcimonie les touches comiques (le château,  le tank) et dramatiques (la grotte du Graal). Et aussi étonnant que cela puisse paraître, malgré un humour très souvent au premier plan, on est touchés de les voir se réconcilier peu à peu, preuve que l’alchimie entre les deux personnages, mais surtout les deux acteurs, fonctionnent à merveille. La preuve en est de ce twist où Sean Connery se fait tirer dessus et où l’émotion est palpable, la montée en puissance des enjeux démontrant que toutes les chamailleries passées ne résultent que d’une incapacité à communiquer l’un comme l’autre. Vingt ans de silence les séparant, ils ne peuvent plus compter que sur l’humour ou le rabaissement de l’autre pour éprouver leur affection.

Il y a comme une véritable chaleur humaine entre des deux hommes.

Il y a comme une véritable chaleur humaine entre des deux hommes.

La seule grosse ombre du tableau est le personnage de Marcus. Alors qu’il était parfaitement à sa place dans les couloirs de l’université  tel un puissant allié de l’ombre, il se révèle être sur le terrain d’une maladresse folle dont les gags appelle ranime le souvenir de Laurel et Hardy. Aussi inutile qu’un caillou dans la chaussure, il est la réplique masculine de Willie, les cris en moins. Heureusement que peu de scènes lui sont consacrés et que l’intrigue tourne davantage autour d’Indiana et sa vendetta personnelle contre les Nazis. Ennemis récurrent de la saga, Spielberg tenait à ce que chaque acteurs, figurants ou non, croise les doigts à chaque fois qu’ils devaient effectuer le salut militaire. Une marque de respect touchante envers les victimes de la Seconde Guerre Mondiale et qui n’est pas sans impact sur le scénario.

La scène où Indiana rencontre Hitler est plus lourde de sens qu'elle n'en a l'air.

La scène où Indiana rencontre Hitler est plus lourde de sens qu’elle n’en a l’air.

Diabolisé au fur et à mesure qu’il s’approchent du Graal, Indiana Jones représente la seule barrière entre le Bien et le Mal absolus. Depuis le début de la saga, l’imagerie religieuse est omniprésente (l‘Arche d’Alliance, les païens du temple) et Spielberg tient en haute estime la chrétienté. Habillant d’un halo lumineux son aventurier dans les scènes où son aura de défenseur de la bonne humanité explose, Indiana Jones se transforme au fil du temps en un Croisé, protecteur des secrets éternels de jouvence et d’immortalité. Sa famille sera d’ailleurs la seule à pouvoir boire dans le Graal, preuve irréfutable que sa destinée céleste s’accomplit par cette ultime scène clôturant une trilogie qui est plus religieuse qu’elle n’en a l’air.

Le film termine comme il commence: avec une imagerie western des plus appréciable.

Le film termine comme il commence: avec une imagerie western des plus appréciable.

Si la mise en scène est moins spectaculaire qu’avant, voire même moins maîtrisé, on gagne un scénario plus étoffé et plus documenté (le côté historique est plus intéressant que dans les autres épisodes). Le carnet de notes du professeur Jones senior passe de main en main tel le témoin d’une course de relais, course qui va les mener d’un bout à l’autre du monde. Plus axé sur la connivence entre les deux parents, Indiana Jones et la dernière croisade se regarde comme un buddy movie d’aventures, ce qui a pour effet d’adoucir tous les gags en les justifiant par le genre abordé. Le schéma, quand à lui, reste le même que dans tous les autres films: objet à retrouver, femme sulfureuse, référence à Tintin (le chien, le compagnon d’infortune).

L'aspect fouille et documenté est plus privilégié que dans les deux autres films.

L’aspect fouille et archéologie est plus privilégié que dans les deux autres films.

Même si La dernière croisade n’atteint jamais le niveau ultime des Aventuriers de l’arche perdue, on retrouve le goût pour l’aventure qui emmène nos héros aux quatre coins du globe. Tout compte fait, ce qui m’avait un peu gêné dans Le temple maudit, c’était peut être cet aspect huis-clos qui se prêtait pas moins au divertissement exotique mais plus au serial, rapport au budget moins ample dû aux décors limités. Quoi qu’il en soit, la saga de Spielberg atteint un niveau encore jamais égalé et qui n’est pas prêt d’être détrôné. Indiana Jones, c’est un peu le roi des roi des aventuriers, le Saint Graal du cocktail action/danger/exotisme.

8/10

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