The Day – Douglas Aarniokoski (2013)

Le frère caché d'Aronofsky fait des DTV pourris...

Le frère caché d’Aronofsky fait des DTV pourris…

The Day, c’est un peu le genre de titre que tu trouve à l’arrache une fois que ton producteur, après avoir écouté ta longue argumentation sur le pourquoi du comment il faut faire un film post-apocalyptique-parce-que-c’est-trop-à-la-mode-et-que-les-gens-pleurent-et-que-l’émotion-c’est-rassembleur-et-que-ça-ramène-un-public-féminin-tout-en-pouvant-glisser-des-headshots, te demande comment tu va l’appeler. Du coup, ton cerveau vrille à toute allure, tu penses apocalypse, fumée, brouillard, brume, gris, couleur, mauvais temps, météo, jour, The Day. Et ton producteur, las de t’entendre raconter de la merde mais ravi de pouvoir payer ses dettes au poker, décide de miser sur ton film, ce qui démontre qu’il faut qu’il arrête de jouer au jeu de hasard.

" - J'fais jamais caca sans mon flingue. Et quand y'a personne, des fois, j'me l'fous..."

 » – J’fais jamais caca sans mon flingue. Et quand y’a personne, des fois, j’me l’fous… »

Pour bien t’imprégner du travail de tes contemporains, il t’offre une pelletée de films à visionner avant de shooter le tien. Après avoir visionné, The Mist, Quai des brumes et Abraham Lincoln: chasseur de vampires, tu te sens fin prêt à offrir au monde ton survival en mélangeant tout ce qui fait la réussite de ses films: des dialogues banales du quotidien, un huis-clos haletant et perturbant et des éliminations bien gorasses mais en enlevant la ralenti parce que sinon tu peut pas en mettre assez pour que ton film ait de la profondeur. Puis vient le moment de choisir qui éliminer dans ton script. Après avoir mis une quarantaine de personnages dont 34 ne servent à rien si ce n’est à se faire charcuter la bidoche, tu te dis qu’un film de siège, ça serait bien pour éviter d’avoir à développer tes personnages. Mais t’as jamais vraiment trop compris comment on pouvait filmer un fauteuil pendant 1h30 du coup tu regardes des épisodes de Plus Belle la vie pour faire du plein avec du vide.

" - On m'a dit d'avoir l'air constipée tout en ressemblant à Rambo. C'est dur de parler en même temps du coup, on m'a enlevé mes répliques."

 » – On m’a dit d’avoir l’air constipée tout en ressemblant à Rambo. Mais c’est dur de parler en même temps du coup, on m’a enlevé mes répliques. »

Et puis quand t’as envoyé tes rushes en salle de montage, le producteur t’a rappelé en te demandant de mettre un climax parce que « là, on s’fait quand même bien chier » qu’il a dit. Tu te sens obligé de lui obéir mais il veut pas te donner plus de fric du coup, tu fouilles les camps de roms à la recherche d’enfants orphelins et tu leur dis qu’ils vont devenir des stars internationales. Sauf qu’ils veulent pas te croire parce que y’a un Serbe qui est venu la dernière fois emmener un de leurs amis pour faire un film expérimental et il est jamais revenu. Donc, tu leur montre le film à moitié monté en leur expliquant qu’ils auront juste à faire des apparitions sans jamais parler et à piquer des gens avec une fourchette mais que ça peut être dangereux. Mais ils se prennent au jeu et tu arrive à les envoyer au casse-pipes où ils y perdent la tête et tu tiens enfin ton climax. Ton producteur est content et il réfléchit déjà à une suite qui s’appellerait The Night.

2/10

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