Mother’s Day – Darren Lynn Bousman (2010)

Pour le coup, Bousman m'a bien bluffé !

Pour le coup, Bousman porte mal son nom…

Je sais pas ce qui me passe par la tête à chaque fois mais je ne peux pas m’empêcher de laisser une troisième (voire quatrième) chance aux réalisateurs qui m’ont déçus. Darren Lynn Bousman s’inscrit dans cette liste noire depuis qu’il s’est occupé de la saga Saw, soit depuis le début de sa carrière. Mais ce Mother’s Day qui est passé complètement inaperçu, mérite qu’on s’y attarde tant il semble avoir tout de l’excellent home invasion. Et ce genre étant très souvent usé jusqu’à la moelle par de mauvais faiseurs, ça fait toujours plaisir de voir qu’on peut toujours dénicher ici et là quelques bobines admirables, à défaut d’être incontournables.

La moyenne d'âge des otages apporte un souffle de vitalité à l'action.

La moyenne d’âge des otages apporte un souffle de vitalité à l’action.

Bien loin de dépoussiérer le genre, le film de Bousman lui apporte un vent de fraîcheur, notamment dans son casting principalement composé de jeunes trentenaires. Construire sa vie de couple, de famille et la réussir demandant beaucoup d’efforts, les voir réduit à néant par l’arrivée impromptue d’une famille de barges dans notre quotidien peut être une expérience réellement traumatisante. La première demie-heure prend le temps de mettre en place les nombreux personnages et la situation qui va se faire réunir les deux groupes. Puis tout s’accélère et Bousman montre qu’il a un réel sens du rythme, ne gâchant pas toutes ses cartouches au début du métrage.

La violence psychologique est bien plus efficace que la violence physique.

La violence psychologique est bien plus efficace que la violence physique.

Ce qui m’a étonné de prime abord, c’est cette volonté de faire un huis-clos féministe. En premier lieu, on rencontre la figure maternelle des intrus, femme douce et chaleureuse mais qui s’avère être sévère et très porté sur des valeurs familiales solides, valeurs qui lui sont personnelles bien qu’héréditaires (tel mère, telle fille). Puis on s’étonne de voir l’intégralité du casting féminin lui tenir tête alors que les hommes semblent castrés à l’idée de porter atteinte aux dires et aux actes de la femme manipulatrice. D’ailleurs, l’intégralité du bodycount se trouve chez les hommes (plus la maîtresse), démontrant ainsi que Bousman cherchait à faire son The Descent en mettant en avant le sexe faible (l’intrusion étant une sorte de viol, le sujet parle principalement aux femmes).

Ce genre de plans laisse remonter beaucoup de fantasmes à la surface...

Ce genre de plans laisse remonter beaucoup de fantasmes à la surface…

Par contre, son expérience acquise dans les films d’horreur ne joue pas en sa faveur. Multipliant le grand guignol dans les dernières bobines, les meurtres sont plus sanglants que nécessaire et les plans cadrés sur les corps meurtris font perdre l’angoisse qu’aurait pu amener un peu plus de finesse et de suggestion, diminuant l’ambiance claustro du film. Quelques scènes cyniques permettent de relâcher la tension, même si certaines d’entre elles sont à côté de la plaque (la musique country pendant la bagarre qui oppose deux des victimes). Rebecca de Mornay offre une performance saisissante, entre délicatesse et brutalité, la fin la cataloguant dans les pires bitches jamais vu au cinéma.

Les liens du sang, c'est sacré !

Les liens du sang, c’est sacré !

Une excellente surprise dans l’ensemble. On regrettera juste les défauts inhérents à ce genre de film, comme les victimes qui ne pensent jamais à récupérer les armes qui traînent ou les méchants qui expliquent toujours leurs plans diaboliques ou font de la morale à deux balles au lieu de trancher dans la vif.

7/10

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