Dancing at the Blue Iguana – Michael Radford (2000)

Le titre n'a rien de mensonger puisqu'on ne voit quasiment que ça pendant 2 heures !

Le titre n’a rien de mensonger puisqu’on ne voit quasiment que ça pendant 2 heures !

Tourner un film sur les frustrations de la vie personnelle d’un groupe de strip-teaseuses, c’est pas une si mauvaise idée en soi. La démarche de faire appel à l’improvisation pour obtenir un résultat proche du réalisme documentaire, c’est original. Mais quand tout le reste est creux et que les morceaux de vie en question sont inintéressants (sauf pour le segment lié à Sandra Oh), on se demande si l’entreprise n’est pas vaine et si voir se trémousser une demie douzaine de femmes canons sur des barres de lap dance ne relèverait pas du fantasme lubrique que d’une réelle envie de montrer un pan de la population en marge de la société « convenable ».

"- Ma botte secrète, c'est de faire débander les pendus."

« – Ma botte secrète, c’est de faire débander les pendus. »

Et même si le spectateur masculin explose le compteur du voyeurisme, tranquillement allongé dans son canapé, en observant minutieusement les formes voluptueuses de ses anges déchus (le film se déroule à Los Angeles), l’ennui point le bout de son nez au bout d’une bonne heure, où il aura déjà durablement lutté contre le sommeil. Les cinq danseuses n’ont pas le même potentiel de dramatisation, certaines allant même à tourner des scènes qui sonnent faux, malgré leur volonté de créer une certaine empathie (le personnage joué par Jennifer Tilly est aussi nul que l’actrice). Le seul intérêt est de pouvoir jeter un oeil en coulisses et d’observer à quel point le monde de l’effeuillage est cruel et que malgré la nudité quasi complète de leur numéro, les danseuses parviennent à dissimuler leurs blessures.

La lumière n'est réservée qu'aux danseuses, les spectateurs restant dans une obscurité qui les rend menaçants.

La lumière n’est réservée qu’aux danseuses, les spectateurs restant dans une obscurité qui les rend menaçants.

La bande originale est principalement composée de titres sur lesquels les actrices vont faire leur numéros, chacun ayant un style et un univers bien particulier qui rend éclectique le choix des chansons. Darryl Hannah n’a jamais joué aussi mal (la blonde dans toute sa splendeur) et son personnage est le plus brouillon et le plus indigeste de la troupe, son idylle complètement grotesque m’ayant fait écarquiller les yeux comme des soucoupes. Deux ou trois têtes connus évitent au film de sombrer dans la nullité abyssale tant le sujet est traité par dessus la jambe, alors qu’il est censé être le pilier du scénario.

Il y a deux ou trois beaux plans mais qu'on a déjà vu ailleurs...

Il y a deux ou trois beaux plans mais qu’on a déjà vu ailleurs…

Je préfère revisionner Leaving Las Vegas qui traitait d’un sujet un peu semblable en ne s’attardant que sur une seule femme, ce qui faisait la force de son propos. Dancing at the Blue Iguana est le fond du panier du cinéma indépendant. Formaté, vain et faussement intello.

3,5/10

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