Zero Dark Thirty – Kathryn Bigelow (2013)

Bigelow retire les cadavres planqués sous le tapis avec énormément de ferveur !

Bigelow retire les cadavres planqués sous le tapis avec énormément de ferveur !

A moins d’avoir vécu dans une grotte ces dernières années (joke inside), vous n’êtes pas sans savoir que Ben Laden a longtemps été l’homme le plus recherché du monde entier. Sa traque ayant pris fin le 2 Mai 2011, le peuple américain, vivant sur des charbons ardents depuis le 11 Septembre 2001, a pu relâcher la pression. Presque 10 ans de terreur et de peur du lendemain. 10 ans de recherche intensive et de lutte contre le terrorisme de par le monde. Et ce sont ces dix années que Bigelow décide d’humaniser par l’intermédiaire de Maya, une patriote qui va en voir de toutes les couleurs sous la bannière étoilée.

Le travail de toute une vie...

Le travail de toute une vie…

Et la vie est loin d’être rose à la CIA. Pas de favoritisme ni de délicatesse car lorsqu’il s’agit d’une affaire d’état, la parité n’est jamais oubliée. Maya assiste à son lot de tortures, d’interrogatoires musclés, de filatures et d’attentats. La traque est un travail de longue haleine mais malgré la difficulté du terrain et le danger du quotidien, elle ne lâchera jamais sa proie. Figure de proue de son film, Kathryn Bigelow décide de faire de son agent féminin une Walkyrie vengeresse, une Amazone déterminée, qui essuiera les échecs avec un déterminisme affolant. Jessica Chastain intègre parfaitement l’état d’esprit du personnage et délivre une prestation bouleversante, éreintante et qui la range parmi les femmes les plus couillus de toute l’histoire du cinéma.

On est jamais à l'abri du danger, même en terrain neutre.

On est jamais à l’abri du danger, même en terrain neutre.

Sans jamais sombrer dans le cliché patriotique écoeurant ni dans le biopic édulcoré, Bigelow nous montre la réalité du terrain, aussi bien militaire que politique. De toute évidence, tout se joue à la tête du gouvernement et c’est un jeu du chat et de la souris interminable que la CIA et l’armée vont se livrer, repoussant l’échéance inévitable d’un assaut qui portera ses fruits. Malgré l’assurance et la foi inébranlable de l’instigatrice du dossier, l’attente s’allonge et les risques potentiels d’attaques envers les Etats-Unis augmente, le Pakistan et l’Afghanistan étant soumis à la rude épreuve des raids américains.

L'enquête est fastidieuse mais jamais inintéressante.

L’enquête est fastidieuse mais jamais inintéressante.

On ne connaîtrait jamais tous les tenants et les aboutissants du dossier, la réalisatrice ayant été charcuté de près d’une demie-heure de scènes délivrant trop de « secrets d’état ». Ultra documenté et ultra réaliste, Bigelow se fera tout de même plaisir en montrant des scènes de tortures dévalorisant le travail de la CIA et transformant cette soi-disant lutte contre le terrorisme en une vulgaire vendetta. Ce prologue violent trouvera un écho dans l’épilogue nous montrant le raid lancé contre la forteresse de Ben Laden à Obbottabad, opération commanditée par le président et chapeautée depuis le début par Maya.

On reconnaît bien là l'ultra réalisme tactique dont sait faire preuve la cinéaste.

On reconnaît bien là l’ultra réalisme tactique dont sait faire preuve la cinéaste.

Et la tension est palpable,d’autant qu’elle est exponentielle au fil de l’avancée de la mission. Chaque porte explosée, chaque tir, chaque paroles nous font sursauter ou fondre dans notre siège. La qualité du son est telle qu’on a l’impression d’assister, tel un spectateur impuissant, à la fin d’un règne: celui d’Al Quaïda et de son leader le plus charismatique et controversé de l’histoire du terrorisme. Une fois la pression retombée, on se rend compte de l’horreur et de la réalité de la guerre. Des innocents paient le prix fort pour une djihad qu’ils n’ont pas voulu. La volonté de peu d’hommes peut entraîner tant de dommages collatéraux, d’autant que les Américains sont connus pour adopter la loi du talion.

On pousse un grand soupir de soulagement en même temps que Maya qui découvre le corps de Ben Laden.

On pousse un grand soupir de soulagement en même temps que Maya qui découvre le corps de Ben Laden.

Zero Dark Thirty n’a pas volé ses nominations aux Oscars et aux Golden Globes tant il est rare de voir des films qui s’investissent autant dans le climat politique et militaire américain avec une vision si propre de tout chauvinisme dégoulinant. Et sortir un tel film moins de 2 ans après la mort de Ben Laden, ça montre que Kathryn Bigelow n’est pas prête d’abandonner sa paire de cojones.

8,5/10

Publicités
Tagué , , , , , , , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :