Hellboy – Guillermo Del Toro (2004)

On est loin du niveau d'un Indiana Jones !

On est loin du niveau d’un Indiana Jones !

Et si je dis ça, c’est juste parce que l’affiche m’y fait penser. Car ça serait un raccourci idiot de comparer les deux personnages tant ils n’ont rien à voir entre eux. Et pourtant, ça n’est pas si idiot que ça d’attendre d’un film d’aventures (c’est clairement ce qu’il revendique d’être dans sa troisième troisième partie) qu’il fasse aussi bien voire mieux que ce qu’on a déjà vu dans le genre. Avant que les adorateurs du diable écorné ne sortent le goudron et les plumes, j’aimerais leur dire une chose: je n’ai jamais lu les comics et je n’ai pas aimé. Peut être que les deux sont indissociables. Et si c’est le cas, et pour cette simple et bonne raison, c’est un argument recevable et bétonné que de ne pas apprécier Hellboy.

"- A partir de maintenant, tout ce que tu diras sera retenu contre toi !"

« – A partir de maintenant, tout ce que tu diras sera retenu contre toi ! »

A l’inverse de tous ces super humains à l’aspect humain, il faut bien avouer que Hellboy sort du lot. Avec son look atypique et sa couleur voyante, on ne peut pas dire qu’il passe inaperçu. Et c’est justement le problème de ce colosse au coeur tendre car tout ce dont à quoi il aspire, c’est d’une vie ordinaire rangée aux côtés de sa copine. Mais sa rareté et sa monstruosité oblige le gouvernement à le cacher aux yeux du monde. Ne s’épanouissant réellement que lorsqu’on le sort de sa prison dorée, Hellboy est un boute en train particulièrement sévère avec ceux qu’il déteste et qui l’empêche de tourner en rond.

"- Pour l'instant, tu t'en sors bien. Tu peux continuer..."

« – Pour l’instant, tu t’en sors bien. Tu peux continuer… »

Après une présentation aux effets spéciaux douteux (c’est même carrément moche), une ellipse nous amène de nos jours sur le sol américain. Et heureusement que c’est indiqué car j’aurais été bien incapable de vous dire où on se trouvait si Myers ne se présentait pas comme un agent du FBI. Les décors sont pauvres et toujours nocturnes, ce qui s’explique facilement par le besoin de cacher à la population le mastodonte patibulaire,masquant également la difficulté qu’à Del Toro de faire passer Prague pour une ville des Etats-Unis. Mais le problème ne se trouve ni dans les effets spéciaux, ni dans les décors mais bel et bien dans l’histoire. Et pour un film qui est adapté d’une série de comics, c’est difficilement excusable.

"- Je le crame tout de suite ?- Non. Attendons de voir ce qu'il a à dire."

« – Je le crame tout de suite ?
– Non. Attendons de voir ce qu’il a à dire. »

C’est fainéant dans l’iconisation du héros (sauf le bad guy nazi), dans les dialogues (les punchlines tombent à plat) et dans l’intrigue. Je ne me suis jamais intéressé à l’avenir de l’humanité qui, pourtant, avait l’air en péril du début à la fin. Et les enjeux, aussi bien amoureux que dramatiques (le professeur) sont trop mal écrits pour paraître sincères. A moins que tout se joue sur l’erreur de casting qui accumule les mauvais choix. Prendre des acteurs inconnus était judicieux pour traiter plus avant le personnage de Hellboy afin que la vedette ne lui soit pas volée. Mais ils sont si mauvais qu’ils en seraient incapable, même avec toute l’envie du monde.

" - Tu devrais t'arrêter là, mon ami. Suis mon conseil..."

 » – Tu devrais t’arrêter là, mon ami. Suis mon conseil… »

On passe du coq à l’âne tout le temps, les moments de bravoure sont rares (ce qui indique clairement une envie de faire un second opus mais qui n’excuse pas le fait d’être aussi avare en action à la sortie du film) et les seules scènes susceptibles de mettre à l’épreuve la pseudo invincibilité du géant rouge se terminent aussi rapidement qu’elles ont débutées. En cela, le combat final est l’un des plus rapides qu’il m’ait été donné de voir. Une manière bien étrange de raconter une histoire qui se contente de montrer son super héros dans des situations plus que banales la plupart du temps, provoquant l’ennui devant l’écran.

"- Dernière sommation avant exécution. Fais tes excuses auprès de nous tous !"

« – Dernière sommation avant exécution. Fais tes excuses auprès de nous tous ! »

Je vais enchaîner le second opus dès ce soir, en espérant que le niveau soit largement meilleur. Mais j’ai bien peur que Del Toro, en grand fan du travail de Mignola, n’ait eu le courage de créer une saga qui ne parle qu’aux aficionados et qui laissera pantois les autres. Si je voulais sauver quelque chose de cette première plongée dans l’univers d’Hellboy, ce serait le maquillage de Ron Perlman, d’un réalisme saisissant. C’est a peu près tout.  Tu peux y aller, le Boche, je suis prêt…

5,5/10

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