In the Air – Jason Reitman (2009)

What else ?

What else ?

In the air arrive après Thank you for smoking et Juno, soit deux films qui compte la crème des oeuvres indépendantes. Jason Reitman se serait-il reposé sur ses lauriers avec ce film ? Je ne le pense pas vu la réussite qu’est Young Adult. Mais In the air reste malgré tout le moins bon de sa filmographie, la faute à ce besoin de virer dans l’effusion de sentiments à mi-parcours alors que jusque là, le propos cynique et désabusé du personnage de Clooney se suffisait à lui même. Mais pour l’humaniser un tantinet, Reitman se sent obligé de lui infliger la part sentimentale et familiale que toute comédie indépendante se doit d’aborder.

Les miles sont ses seuls compagnons, grossissant au fur et à mesure que sa vie se nourrit de vide.

Les miles sont ses seuls compagnons, grossissant au fur et à mesure que sa vie se nourrit de vide.

Mais c’est fait de manière maladroite, avec un changement de ton si brutal et si inopportun qu’on se demande où est-ce qu’il désire emmener son personnage. Sa vision si réductrice soit-elle des rapports humains permettait un humour noir au ton charmeur, accentué par la présence d’Anna Kendrick en jeune diplômée arriviste. Une confrontation des époques,des méthodes de travail, des situations familiales qui permettent au film de garder un juste équilibre entre comédie professionnelle et drame de vie. Clooney semble à son aise et semble même être l’alter ego de Nick Taylor dans Thank you for smoking, leur boulot ingrat les faisant ressembler à des cousins éloignés, mais qui ont une vision très proche du monde de l’entreprise et de l’Amérique au sens large du terme.

Détestable, on se surprend à aimer sa manière d'appréhender le monde.

Détestable, on se surprend à comprendre sa manière d’appréhender le monde.

Puis vient le moment de la rupture de ton. Le film prend un virage à 90° dans la comédie romantique douce amère avec ce qu’il faut de cliché (le mariage, l’évolution du personnage, les désillusions,…). Mais plus jamais l’humour sera présent. Le ton abordé est sérieux, tragi-comique et Clooney n’incarne plus le même personnage. Le changement dans son jeu s’est opéré avant même que le personnage ne s’en rende compte, ce qui rend la seconde moitié du film longue et même parfois pénible. Sa vision du couple, et plus particulièrement du mariage, si étriquée et si réductrice au début du film (tout comme celle, caricaturale du personnage de Kendrick), s’étire pour coller au standard, mais sans aboutir à un résultat satisfaisant.

Pas besoin de scènes à rallonge pour expliquer sa vision de la famille: cette image se suffisait à elle même

Pas besoin de scènes à rallonge pour expliquer sa vision de la famille: cette image se suffisait à elle même.

Une semi-réussite dû à une volonté de vouloir trop prendre par la main le public et de ne pas vouloir froisser le public américain qui, en pleine récession de la crise au moment précis où In the air, taclant les coupeurs de tête mais évoquant à vive-voix les licenciements à la volée pratiqués dans le pays, aurait pu trouver opportuniste la démarche de Reitman. Heureusement, son scénario ayant écrit longtemps à l’avance, on peut espérer croire que le cinéaste avait vu juste sur la situation économique et que sa vision d’ensemble collant parfaitement à l’actualité de son pays, soit à lui seul une raison suffisante d’avoir voulu réaliser ce film. Ce qui argumenterait en sa faveur le » meublage » fait en seconde partie et qui rehausserait mon opinion sur le film.

6/10

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