The Blade – Tsui Hark (1995)

Sans nul doute le très haut du panier !

Sans nul doute le très haut du panier !

J’ai vu très peu de films de Tsui Hark mais le peu que j’ai aperçu de son imposante filmographie, je dois bien avouer qu’il me surprend autant qu’il m’épate. Le John Milius chinois. J’était un peu inquiet en insérant The Blade dans mon lecteur car j’en attendais tellement à la lecture du synopsis que l’excitation était à son comble et que j’avais peur de recevoir une douche froide. Mais comment ai-je pu douter  une seule seconde ? Le film se révèle aussi jouissif et aussi maîtrisé que ce que j’espérais. Il dépasse peut être même ce que j’attendais d’un tel genre.

Un spectacle de tous les instants !

Un spectacle de tous les instants !

Véritable ballet chorégraphique, les combats sont ajustés au millimètre et la mise en scène est très fluide, même si certains plans deviennent illisibles à cause de la rapidité d’exécution des mouvements (si peu comparé au reste). Balayant plusieurs thèmes récurrents dans les films d’arts martiaux tels que la loyauté, le dépassement de soi et la vengeance, Tsui Hark ajoute à son intrigue une pierre qui sera angulaire et déterminera le destin de tous les personnages. La romance qu’il met en place n’a rien de niaise et parsèmera les morts comme autant de pétales de fleur sur son passage. La proie intime des deux hommes, luttant jusqu’à la mort pour l’amour de la fille de leur maître, est sans doute le personnage le moins bien écrit. Cet aspect qui rend fébrile la construction du récit fait peur à chaque seconde de son apparition à l’écran.

Les moines bouddhistes, faut vraiment pas leur chercher des noises !

Les moines bouddhistes, faut vraiment pas leur chercher des noises !

Mais heureusement, The Blade se concentre essentiellement sur le duo Tête d’Acier/Ding On et plus particulièrement sur ce dernier. D’un amour chevaleresque, le guerrier n’hésitera pas à risquer sa vie pour sa belle, perdant son bras dans la bataille. On remarque tout de suite la correspondance entre le film de Tsui Hark et la genèse de la trilogie du Sabreur manchot de Chang Cheh, dont il est le remake, plus sanglant dans l’aspect visuel mais moins noir dans la vision de l’honneur. Mais cette vision moderne, loin des effets déstabilisants (pour moi) de la Shaw Brothers des années 60, permet au public peu éclairé de s’abreuver d’images aussi tétanisantes par leur violence et leur noirceur que galvanisantes par leur beauté et leur force.

Certains personnages sortent du lot mais sont envoyés ad patres trop précipitamment. Un mal pour un bien.

Certains personnages sortent du lot mais sont envoyés ad patres trop précipitamment. Un mal pour un bien.

Persévérance fait loi dans les contrées sauvages dépeintes par le cinéaste. Entre pillards revanchards, chasseurs nomades et tueurs à gages, les villageois ont peu de chance de souffler et la tranquillité est un terme oublié depuis longtemps. On touche un peu à la religion (le moine), au sexe (la prostituée) mais c’est véritablement l’honneur l’aspect essentiel du film, le point d’orgue qui fait résonner l’intégralité du scénario et débute les combats. Ces derniers se nourrissent de la frustration sexuelle ressentie par les guerriers et rendre encore plus intenses les affrontements. C’est d’ailleurs le but ultime de la jeune femme que de se faire affronter en duel ses deux prétendants. Duel qui ne sera jamais physique mais mental.

Le combat final est épique mais je n'en attendais pas moins.

Le combat final est épique mais je n’en attendais pas moins.

Il ne me reste plus qu’à me jeter avidement sur le reste de sa filmographie qui, si elle contient d’autres pépites de cette rareté et de cette valeur, mérite d’être vue le plus rapidement possible.

9,5/10

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