L’aube rouge – John Milius (1984)

Pluie de cocos sur le Middle West !

Pluie de cocos sur le Middle West !

Dans les derniers balbutiements de la Guerre Froide, les esprits ne s’échauffent plus autant qu’avant entre les Soviétiques et les Américains. Mais le contexte politique et militaire de cette longue période n’est pas juste propice à sortir de puissants films d’espionnages. La guerre tient une place prépondérante dans le conflit opposant ces deux grandes nations. Et même si elle a été davantage psychologique qu’armée, cette Cold War nourrit une haine du communisme à grande échelle chez les Américains. Mettant en scène sa propre chasse aux sorcières par l’intermédiaire d’une uchronie intéressante, John Milius réalise avec L’Aube rouge un film qui se nourrit de toute la frustration de son peuple, mettant en image ce qu’aurait pu être véritablement la troisième guerre mondiale.

J'avoue qu'il y a mieux que Carcajou comme nom de code de la résistance.

J’avoue qu’il y a mieux que Carcajou comme nom de code de la résistance.

Milius ne fait aucune concession sur son sujet, s’attelant à démontrer par A + B que le communisme est la nouvelle peste noire et qu’il faut l’éradiquer avant qu’elle ne contamine nos chères têtes blondes. Et ce sont elles en l’occurrence qui vont prendre les armes, contrebalançant avec tout ce qui a déjà été vu en terme de guerre filmique. Les enfants ont eux aussi des droits et des devoirs et leur pays leur appartient autant qu’à n’importe quel adulte. La jeunesse ouvre la brèche de la résistance armée et butent du Rouge, doublement diabolisé par le fait qu’ils sont Cubains et  que le temps presse, l’ennemi étant aux portes de l’Amérique.

Le roi de la récré, c'est lui !

Le roi de la récré, c’est lui !

Violent de par sa thématique qui ne s’engonce jamais d’un second degré narratif, le cinéaste donne son avis sur la question avec force et franchise. Il ne se formalise jamais de la réception de son oeuvre qui, en tant que bon patriote, justifie par l’apologie guerrière tissée par les répliques et les actes des jeunes rebelles sa prise de position. Récurrent dans son cinéma, la puissance de l’homme, sa virilité et son pouvoir de domination explosent dans des assauts aussi variés que violents. Même si tout leur paraît facile, certaines morts de personnages sont déstabilisantes par leur soudaineté ou leur cause. Pas de prisonniers, pas de traître, seul un coeur pur Américain vaincra l’ennemi oppresseur (le « pur Américain » étant repris par le pilote de chasse).

Une leçon d'Histoire revue et corrigée qui déménage !

Une leçon d’Histoire revue et corrigée qui déménage !

La montée en puissance de l’entrée en guerre est amenée directement, juste après un rapide résumé des différents changements de statut des pays avoisinants, Cuba et le Nicaragua en premier plan. Impressionnant par cette facilité à installer une ambiance apocalyptique, Milius joue de sa caméra pour nous embarquer derrière les lignes ennemis, en plein coeur d’un conflit où la pitié n’a pas sa place (la scène du soldat mitraillant les élèves par la baie vitrée de la salle de classe reste en mémoire). L’humanisation de l’ennemi ne se fait que très tardivement, préférant transformer les soldats communistes en chair à canon avant de leur donner une conscience et, à la toute fin, une âme.

On pense souvent aux méthodes des Indiens lorsqu'on observe cette bande de rebelles.

On pense souvent aux méthodes des Indiens lorsqu’on observe cette bande de rebelles.

Jamais moralisateur, jamais donneur de leçon, L’aube rouge ne fait que proposer une vision du monde crédible mais fictive, en mettant en avant la force et l’énergie qui peut venir de n’importe qui et de n’importe où (là, il s’agit de jeunes ados d’une petite ville paumée). Quand on tient à son pays, on se doit de prendre les armes. Milius y croit dur comme fer et on ne va pas le contredire si cela nous permet de visionner de tels films.

8,5/10

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