Dead or alive 2: Tôbôsha – Takashi Miike (2000)

Ne jamais mais alors jamais se fier à l'affiche d'un film...

Ne jamais mais alors jamais se fier à l’affiche d’un film…

Deuxième opus et deuxième surprise. Cette fois, Miike délaisse son ultra-violence et fait entrer par la porte de service une tendresse et une compassion inhabituelle chez lui. A y regarder de plus près, on peut même dire que hormis le casting des deux principaux acteurs, on passe du coq à l’âne. Plus dépouillé en terme d’expérimentations visuelles et sonores, Dead or alive 2 prend à contre-pied le spectateur qui s’attendait à être livré à nouveau face à un spectacle extrême. Loin de s’être assagi (il y a quand même une fusillade très sanglante), le réalisateur prend le temps de nous exposer ces personnages. Une sorte d’introspection qui est bénéfique au rythme de la trilogie, même si ça peut paraître étrange au vu du titre de la saga.

C'est tout le contraire du premier épisode. Cette fois, les personnage sont attendrissants.

C’est tout le contraire du premier épisode. Cette fois, les personnages sont attendrissants.

Le gros point positif du film, c’est qu’il prend son temps pour nous amener jusqu’à cette île d’où nos personnages sont originaires. L’île représente ni plus ni moins qu’un havre de paix où il fait bon se ressourcer pour évacuer le stress du quotidien et les problèmes liés au boulot. Une sorte de temple de la méditation où la nostalgie envahissant les personnages parvient également à apaiser le spectateur, soumis à rude épreuve jusqu’alors. Certaines scènes sont marquantes de par leur simplicité et leur sincérité (on s’imagine très bien partager leurs moments de réflexion). Les acteurs, jamais envahissants par leur sur-jeux, offrent de très belles prestations tout en finesse, qui nous font oublier la violence dont ils savent faire preuve.

Le fantastique est toujours là, mais tellement distillé qu'il paraît invisible.

Le fantastique est toujours là, mais tellement distillé qu’il paraît invisible.

Comme auparavant, le film se découpe en deux parties très distinctes: celle de leur quotidien de tueurs à gages, violente à souhait et celle, émouvante, où ils partagent des bribes de souvenirs au coin du feu. Dis comme ça, ça parait facile de nous émouvoir et de faire passer la pilule de leurs agissements, mais l’identification à ces deux marginaux est si forte qu’on ne peut que s’attacher à eux et aimer les voir s’épanouir et évoluer dans une insouciance feinte (j’ai pensé au nettoyeur de Leon à certains moments). Invincibles lorsqu’ils sont dans leur zone neutre mais pourtant si proches de la mort par leurs choix de vie, ces ailes noires et blanches (symbolisant davantage le yin et le yang que le bien et le mal) sont autant de signes distinctifs qui nous permet de comprendre que ces deux malfrats au coeur pur (l’explication de leurs actes est aussi bien plausible que moralement intéressante) savent parfaitement que leurs vies ne lueur appartient plus vraiment (d’où tous ces flash-back, ces films d’époque,…).

La pièce de théâtre est une sorte de condensé du cinéma de Miike pour le plus jeune âge.

La pièce de théâtre est une sorte de condensé du cinéma de Miike pour le plus jeune âge.

La mise en scène, beaucoup moins brouillonne et évolutive que dans le premier film, est lente et observatrice, se contenant, bouillonnante  pour exploser dans les scènes de violence pure. Dead or alive 2 représente aussi bien un aboutissement dans le cinéma de Miike qu’un sommet atteint dans la trilogie. Je sens que la descente va être sévère…

8,5/10

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