Cat Chaser – Abel Ferrara (1989)

Il est clair qu'en terme de titre, on a vu plus subtil...

Il est clair qu’en terme de titre, on a vu plus subtil…

Abel Ferrara étant capable du meilleur (Bad Lieutenant) comme du pire (Christmas), Cat Chaser fait malheureusement partie de la seconde catégorie. Même si la patte d’Elmore Leonard est très présente (il a co-écrit l’adaptation de son roman), on est très loin de la réussite qu’il aurait pu être. Et pourtant, tous les éléments d’un polar funky sont là: Miami, une jolie blonde, des mafieux pourris jusqu’à la moelle et un héros torturé. La tambouille habituelle pour l’écrivain dont les répliques géniales et les idées ingénieuses permettent au film d’éviter la bulle.

Les méchants passent toujours pour des débiles profonds chez Leonard.

Les méchants passent toujours pour des débiles profonds chez Leonard.

Ferrara est carrément passer à côté de son sujet, ne daignant même pas s’occuper du montage du film tant il se moquait de le réussir ou non. Et même s’il nous a sorti The king of New York juste après (c’est d’ailleurs une des raisons de ce manque d’investissement de sa part sur Cat Chaser), ça n’excuse pas son geste de considérer les écrits de Leonard comme des bouches-trous financiers (Tarantino saura lui rendre justice avec son Jackie Brown). Simple mais efficace, le film aurait gagné à être davantage materner afin de faire exploser toute la force qui s’en dégage.

Y'a une chose qu'on ne peut pas lui retirer à Ferrara, c'est que ses scènes de sexe sont excitantes.

Y’a une chose qu’on ne peut pas lui retirer à Ferrara, c’est que ses scènes de sexe sont excitantes.

Tourné comme un téléfilm fauché, Cat Chaser supporte mal le visionnage tellement aucun soin n’a été apporté à l’image et au son. Monté à la va-vite dans l’ordre chronologique, aucun style ne se dégage de la pellicule. Même si on peut apercevoir un ou deux plans sympathiques (l’explosion du ponton en arrière plan durant une discussion, le tout vu d’une fenêtre), on est loin de ce à quoi le cinéaste underground nous a habitué avant (le délirant slasher qu’est Driller Killer) et par la suite (le trip existentiel qu’est Bad Lieutenant). Une prise de risque et un effort minimum alors que le sujet méritait qu’on y prête attention (c’est le genre de péloches qui passaient très bien dans les 90’s).

Héros malgré lui, Peter Weller a la gamberge rapide quand il s'agit de sauver ses miches.

Héros malgré lui, George Moran a la gamberge rapide quand il s’agit de sauver ses miches.

Même s’ils assurent le minimum syndical, Peter Weller et Kelly McGillis forment un couple très glamour à l’écran, édulcoré par les couleurs chaudes et les paysages tropicaux de Miami. On ne s’ennuie pas vraiment, on regrette juste que le résultat soit si bâclé que le visionnage en devient difficile et que Ferrara se tire une balle dans le pied à cause de sa procrastination.

4/10

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