Scorpio – Michael Winner (1973)

On savait faire de l'espionnage à l'époque !

On savait faire de l’espionnage à l’époque !

En pleine guerre froide, les films dans la veine de Scorpio pullulait sur les écrans américains. Alors quand on vient piocher du côté de l’Europe et notamment de la France pour intégrer une icône nationale dans un thriller d’espionnage, on ne peut qu’être ravi. Winner est loin d’être un tâcheron et il le montre en apportant une teinte mélancolique à ses plans. La mise en scène étant entièrement au service de la quête de liberté de Cross (Lancaster, encore bien en forme), que les plans soient resserrés lorsqu’il se sent menacé ou en danger et larges lorsqu’il pense pouvoir respirer auprès de ses amis, les différentes villes qu’ils traversent livrent leur lot de jolis décors (Vienne et ses ruelles d’un autre temps charmeraient n’importe quel aigri).

Delon vs Lancaster: un face à face légendaire !

Delon vs Lancaster: un face à face légendaire !

D’un autre temps, d’une autre époque, Scorpio peine à maintenir le spectateur dans son étau, le film desserrant parfois ses pinces lors de discussions certes intéressantes mais plombant l’action. Là où Marathon Man (pour tabler sur un genre et une décennie similaire) gardait constante la tension, Winner préfère la distiller durant des scènes spectaculaires. La poursuite sur le chantier atteint un summum de gestion d’espace (on se croirait presque chez Friedkin), permettant à ses monstres sacrés de libérer leur jeu physique et de donner libre cours à leur côté sauvage pour amplifier le côté résigné et vindicatif de leurs personnages.

Même si chaque personnage tient une place importante dans le récit, certaines scènes sont lourdes à digérer.

Même si chaque personnage tient une place importante dans le récit, certaines scènes sont lourdes à digérer.

La bande originale est assez étrange dans le sens où certaines envolées n’ont absolument rien à voir avec ce qui se passe à l’écran. Un minimalisme musical et une amplification des bruits aurait été largement plus efficace car ces choix de musiques ont tendance à dérouter le spectateur. Mais ce jeu du chat et de la souris international en ravira plus d’un, amateur du genre ou non.

7/10

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