Kill List – Ben Wheatley (2011)

Et c'est ce film qui a émerveillé des milliers de spectateurs dans les festivals ?

C’est bien ce film qui a émerveillé des milliers de spectateurs dans les festivals ?

Les réputations, ça colle à la peau. Qu’elles soient bonnes ou mauvaises, on est toujours jugé en fonction d’elles. Si tout le monde dit du’un film qu’il est mauvais et qu’on le trouve bon, on passe pour un fou. Mais l’inverse est d’autant plus vrai. Sauf que si énormément de monde le trouve mauvais, est-ce qu’il ne faudrait pas se remettre en question ? Kill List entre parfaitement dans cette catégorie de films maudits par sa sortie en DVD. En salles, il devait certainement offrir une atmosphère oppressante qui se dégage de la pénombre, d’un son dément et de l’engouement d’un visionnage en avant-première. Chez moi, il n’a bénéficié d’aucun de ses privilèges et il en est ressorti que le film est moyen. Voire très moyen.

" - Je t'avais dit de ne pas le regarder. C'est une perte de temps !"

 » – Je t’avais dit de ne pas le regarder. C’est une perte de temps ! »

Et pourtant, il bénéficie d’un capital sympathie assez élevé dans sa première moitié. Mais à vouloir jouer au plus malin, Wheatley se prend les pieds dans le tapis et sa caméra retombe dans un caniveau puant d’intellectualisme pompeux , son script d’une facilité d’écriture déconcertante la suivant de près. Le creshendo du mystère qui entoure ses deux vétérans de la guerre est bien géré  notamment grâce à des acteurs impliqués qui apportent un réalisme impactant à la bobine (la scène du dîner est très bien écrite et pose tous les personnages d’emblée). Les premiers pas dans le secret qui découle de leur demi-silence amène tout doucement le film dans le pur thriller sans jamais fausser le tout. C’était sans compter sur la deuxième moitié…

" - Pourquoi on a brûlé le scénario, Ben ? On va devoir broder un tissus de conneries maintenant..."

 » – Pourquoi on a brûlé le scénario, Ben ? On va devoir broder un tissus de conneries maintenant… »

La rupture de ton est si navrante de bêtise que tout ce qui a été construit auparavant s’écroule. On se replonge plongé sans même comprendre pourquoi dans un survival délirant où des gens à poil cherchent à buter nos deux tueurs. Pourquoi ? Qui sont-ils ? Où est la bobine manquante qui explique tout ce bordel sans nom ? C’est l’anarchie à tous les niveaux, la récit perdant tout son sens vu qu’aucune explication ne nous sera jamais donné. Tout le monde est capable de faire un film soi-disant intelligent en faisant n’importe quoi et en rendant son film incompréhensible avec un fin sorti de derrière les fagots. On dirait que le réalisateur a cherché à réveiller la rangée du fond qui s’était assoupi.

La psychologie des personnages est bien amenée. Pour leur passé, il faut l'imaginer...

La psychologie des personnages est bien amenée. Pour leur passé, il faut l’imaginer…

Il perd tellement de son identité et de sa force qu’on en vient à rigoler alors qu’il n’en avait jamais été question auparavant. Le film se permet même de rendre hommage à sa manière au très controversé A Serbian Film (ceux qui l’ont vu me comprendront). Bâclé aussi bien dans le montage que dans l’écriture, cette fin vaut à elle seule toutes les abominations que j’ai pu entendre sur ce film, certains allant quand même très loin dans le dégoût alors que la première moitié du film est honorable, même si poussive à certains endroits (la voiture garée sous un arc-en-ciel, j’ai trouvé ça too much). Mais j’ai rarement vu autant de maladresse dans un final: raccords en dents de scie, musique omniprésente et lourde, acteurs plus très investis et climax aussi pitoyable que raté.

Pour des tueurs professionnels qui ont fait la guerre, ils sont pas très préparés à un assaut ennemi.

Pour des tueurs professionnels qui ont fait la guerre, ils sont pas très préparés à un assaut ennemi.

Je ne dénigrerai pas non plus le reste de sa filmographie tant Wheatley semble être prolifique et en vouloir, mais si la suite des festivités ressemble autant à une douche froide que Kill List, ça sera sans moi. C’est un mal pour un bien tant les festivaliers semblent apprécier son travail après avoir enchaîné le visionnage de treize films d’affilée.

5/10

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