Cobra – George Pan Cosmatos (1986)

Le vrai remède, c'est la télécommande !

Le vrai remède, c’est la télécommande !

Ah qu’est-ce qu’elles sont loin les années 80 ! Les péloches burnées, les héros badass, les répliques pourries (aussi bien en V.O qu’en V.F), l’action non-stop, les scénarios riquiquis et les bags guys à la sale trogne. Là dessus, on ne peut pas se tromper. Cobra a bien été réalisé dans cette période bénie qui a vu naître plusieurs des héros de notre enfance (Rocky et Rambo, pour ne citer que ceux où Stallone apparaît). Et il réunit tous ces ingrédients qui étaient à l’époque monnaie courante dans le cinéma d’action américain. Mais est-ce que mélanger tout ce qu’on aime n’importe comment fait nécessairement un bon film ? Est-ce que vous mangeriez une pizza 4 fromages parsemée de chocolat en poudre et accompagnée de frites sauce roquefort, le tout enrichi de foie gras enroulé dans du saumon et trempé dans du cappuccino ?

" - Ça peut le faire, mais accompagné d'une petite bière alors..."

 » – Ça peut le faire, mais accompagné d’une petite bière alors… »

La réponse est évidemment non, ou alors vous avez des goûts étranges. Mais il en faut justement pour tous les goûts afin d’apprécier à sa juste valeur cette quintessence de machisme surarmé qui se prénomme Marion Cobretti. Immortel, con comme la lune, un look improbable, Stallone n’a pas volé son Razzie Award (les autres non plus d’ailleurs). Ce monolithique bloc de muscles dégainant des punchlines à la sauce 80’s est le parfait représentant de l’anti-héros qu’on adore détester. Sa morale ne valant pas tripette et sa vision très personnelle de la justice (il a un côté Harry Callahan) lui valent les quolibets de ses collègues. Mais quand rien ne va plus, c’est au Cobra d’agir.

La scène de poursuite offre son joli lot de cascades.

La scène de poursuite offre son joli lot de cascades.

Et pour agir, il agit. Mais d’une manière aussi débile que peu orthodoxe. Seulement, ça n’est pas de sa faute mais de celle d’un scénario un peu à la ramasse. Stallone a du s’entraîner à l’arme à feu et se servir du manuscrit comme cible car leurs agissements sont aussi vains qu’idiots. Et la police n’est pas en reste, se délestant de son enquête pourrie où des dizaines d’innocents meurent (enfants, femmes, vieux: tout y passe !) pour pouvoir se la couler douce en regardant des épisodes de Hooker à la télé. Cette bande d’incapables n’est présente que pour s’égosiller sur l’inefficacité du lieutenant Cobretti. Merci les copains !

Heureusement qu'ils ne l'ont pas forcé à porter la moustache...

S’il porte tout le temps du noir, c’est  parce qu’il va aux enterrements de tous les mecs qu’il bute…

Heureusement que les méchants le sont pas trop. Mis à part le vrai bad guy de l’histoire (qui a une gueule de compétition), une balle suffit à les buter. Il faut dire que Cobra se sert de son flingue fétiche. D’ailleurs, il l’aime tellement qu’il a mis un décalcomanie de serpent sur la crosse, au cas où on lui piquerait dans la cour de récré. Cosmatos filme ses fusillades sous acide, les plans très resserrés empêchant de faire respirer l’action et frustrant le spectateur qui louche des deux yeux pour y comprendre quelque chose. Un point dommageable pour le réalisateur qui arrive pourtant à iconiser son héros avec de jolis plans.

" - Parfois, je change de couleur, ça dépend la saison."

 » – Parfois, je change de couleur, ça dépend la saison. »

Un tas d’idées est inutilisé, comme le fait que Cobretti fasse partie de la Brigade des Zombies sans qu’on sache véritablement en quoi ça consiste (il devait certainement en parler dans le deuxième épisode). Par contre, un tas d’autres idées n’aurait jamais du être utilisé comme le fait que le méchant de la scène d’intro amorce son fusil à pompe trois fois de suite avant de tirer ou que Stallone bouffe de la pizza froide en rentrant chez lui (véridique !). Mais après tout, pour un tough guy comme lui, est-ce que faire différemment des autres n’est pas l’explication de son comportement asocial ? Ça ou un manque de moyens pour acheter un micro-ondes.

Machoire carrée, gouttes de sueur, regard félin: on a bien à faire à un bad boy

Qu’importe, j’ai pris mon pied et passé un bon moment, en rigolant devant les scènes invraisemblables qui s’enchaînaient devant mes yeux, comme ce monstre au visage buriné qui se fait passer pour un balayeur (soit) puis pour un médecin (moins soit). Sachant que ces derniers enchaînent 11 années d’étude, des gardes de nuit et des révisions intensives, ils ont vraiment pas le temps de faire de la gonflette. Mais c’est aussi ça le charme des années 80, savoir faire du beau avec du moche, du long avec du court, du mémorable avec du ratable. Et c’est ça tout ce qu’on aime !

5,5/10

Publicités
Tagué , , , , , , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :