Django – Sergio Corbucci (1966)

Un des westerns les plus violents qu'il m'ait été donné de voir !

Un des westerns les plus violents qu’il m’ait été donné de voir !

Les westerns, j’en regardais beaucoup étant jeune, mon père étant un avide bouffeur de ce genre de films (comme tous les pères je pense). Et j’ai surtout vu ceux avec Clint Eastwood, notre désamour partagé de John Wayne (je n’avais pas encore vu Rio Bravo) nous faisant irrémédiablement tourner du côté de Sergio Leone. Loin d’être passionné du western spaghetti mais amateur curieux, Django est terriblement violent et c’est certainement aujourd’hui que renaît de ces cendres un vieil amour éteint pour ce genre poussiéreux.

Franco Nero déborde de charisme à chaque plan !

Franco Nero déborde de charisme à chaque plan !

Premier Corbucci, premier Nero, Django est un véritable dépucelage en soi. Le mythe de l’homme solitaire (le fameux lonesome cowboy) permet à coup sûr d’amener un vent de violence dans les contrées qu’il foule de ses pieds usés. Car c’est bien en éclaireur de la Faucheuse qu’il se présente, semant son chemin de cadavres en tous genres. A l’instar de Damoclès qui retenait son épée par un crin de cheval au dessus de son trône, des serviteurs romains qui chuchotaient régulièrement Memento Mori à l’oreille des généraux rentrant triomphant en ville, Django traîne derrière lui un cercueil, signe précurseur d’une mort imminente pour lui ou ceux qu’ils croisent.

La couleur rouge est omniprésente dans le film.

La couleur rouge est omniprésente dans le film.

Véritable chemin de croix, le périple de Django va l’amener malgré lui à sauver la veuve et l’orphelin et à le transformer en héros, alors que son unique but est la vengeance, pas la reconnaissance. Il sait ce qu’il vaut, aussi bien humainement que spirituellement, et se contente de traverser la vie tel un fantôme maudit qui ne trouverait pas le repos éternel. Ses bons mots, son arrogance et sa confiance en lui en font un personnage dangereux et intéressant, ce que ne tardent pas à deviner les Sudistes qui voit en lui un souffle de révolte et de révolution, étant lui même Nordiste (d’après ce qu’il dit).

Un plan inoubliable avant une scène qui ne l'est pas moins.

Un plan inoubliable avant une scène qui ne l’est pas moins.

La réussite du film ne tient pas dans la qualité des paysages. Pas de cinéma à l’américaine où la beauté des plans prévaut sur le scénario. Ici, c’est sale, boueux, bête et méchant, la fange et la médiocrité ayant élu domicile en ces terres. Django, tel un ange exterminateur, va nettoyer ce Sodome et Gomorrhe américain pour en faire une terre promise, celle où les péchés peuvent être pardonnés et sur laquelle le mal n’a aucune prise. Mais ce rêve d’Eden est trop optimiste, le caractère abject aussi bien des Mexicains que des Américains ne permettant aucune rédemption.

On en arrive à trouver de la beauté dans ce qu'il y a de plus laid.

On en arrive à trouver de la beauté dans ce qu’il y a de plus laid.

Une seconde révision serait tout aussi bénéfique que la première, le placement des personnages, les temps d’attente entre deux répliques et la mise en scène étant savamment étudié pour livrer un film spectaculaire avec peu de moyens. Reste à voir quel place tiendra le mythe de Django dans l’hommage pondu par Tarantino et qui sort en ce prolifique mois de Janvier 2013.

9,5/10

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