Friend – Kwak Kyung-taek (2001)

Détrompez-vous, ça n'est pas un film de baston...

Détrompez-vous, ça n’est pas un film de baston…

D’ailleurs, c’est quoi ? A vrai dire, je ne sais pas trop si c’est sérieux ou non. Au dos du boîtier, il est expliqué que l’histoire de Friend narre la véritable enfance du réalisateur. Sauf qu’on ne sait jamais quel personnage le représente et s’il n’en fait pas trop. Car le film est une pâle copie du fabuleux Il était une fois en Amérique, la longue durée et le génie visuel de Leone en moins. On y suit quatre mômes inséparables de leur plus tendre jeunesse (on accumule les clichés du passage à l’âge adulte en 20 minutes de film) jusqu’à leur mort (pour certains d’entre eux). Et que se passe-t-il durant tout ce temps ? J’aurais bien du mal à vous l’expliquer…

Les relations fraternelles qui se tissent entre certains personnages sont mal développées.

Les relations fraternelles qui se tissent entre certains personnages sont mal développées.

Kwak Kyung-taek enchaîne les années de son diaporama aussi rapidement qu’on s’ennuie. Les différents protagonistes, se devant d’être iconisés au détour d’une scène ou d’une tirade lorsqu’on touche à la fresque familiale ou filiale, sont présentés par un ralenti sorti de derrière les fagots durant lequel une voix off (on ne sait pas à qui elle appartient, sans doute au personnage qui incarne le cinéaste) nous décrit en deux phrases courtes la personnalité de l’un et de l’autre des joyeux drilles. C’est aussi efficace que de regarder la bande annonce de la vie d’un aveugle.

La théâtralité du jeu coréen allié à la longueur inutile de certaines scènes fond un remède idéal contre les insomnies.

La théâtralité du jeu coréen allié à la longueur inutile de certaines scènes font un remède idéal contre les insomnies.

Mimant fébrilement les codes de son aîné (musique à la Morricone, karaoké de Sinatra, destins divergents mais proches), Friend ne sort jamais de l’ombre de ce dernier, la faute à un manque cruel de travail en amont. On dirait que le cinéaste relate des évènements de sa vie comme ils lui passeraient par l’esprit, de la même manière que l’on essaye de mettre des images sur nos souvenirs. Les scènes s’enchaînent donc de manière aléatoire, sans véritable but ni aucune empathie ou chaleur dans le récit. D’ailleurs, deux des quatres personnages (la moitié donc pour ceux qui aurait du mal en cette veille de fête) ne servent à rien et apparaissent juste de temps à autre, telles des consciences cherchant à remettre dans le droit chemin les deux gangsters.

La seule bagarre du film n'a ni queue ni tête.

La seule bagarre du film, élément pourtant rassembleur du groupe, n’a ni queue ni tête.

Car en fin de compte, il ne s’agit que de ça. Friend relate une rivalité naissante entre deux anciens meilleurs amis qui cherchent leur place dans le monde de la pègre, tout en étant rivaux. Du vu et revu sans aucunes saveurs, n’innovant jamais et n’apportant aucune pierre à l’édifice du genre. Les rapprochements entre les personnages arrivent comme un cheveu sur la soupe, sans aucune explication ni rationalité par rapport aux évènements  Le montage ressemble à une cour de récré grandeur nature ou les rushes ont été disposés ça et là sur des cases de marelle et où le cinéaste s’est amusé à lancer des cailloux sur des cases au hasard.

" - Non ! Il a osé ! Le chacal, il va le payer de sa vie ! Donne-moi mon couteau à sashimi !"

 » – Non ! Il a osé ! Le chacal, il va le payer de sa vie ! Donne-moi mon couteau à sashimi ! »

Rien de neuf sous le soleil, une interminable plongée dans le coma conscient et une accumulation de scènes frelatés et de morceaux de bravoures impensables. Le cinéma coréen dans tout ce qu’il a de plus mauvais.

3,5/10

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