Jack Reacher – Christopher McQuarrie (2012)

Tom Cruise semble faire 25 ans mais le film est bel et bien sorti cette année je vous l'assure...

Vous verrez, il n’y a pas que sur l’affiche que Tom Cruise est au centre du cadre…

Avoir 50 piges et tenir autant la forme, ça force le respect. Après son long caméo dans Protocole Fantôme, la star de l’église de Scientologie rendosse l’uniforme de l’action guy pour notre plus grand plaisir. Sauf qu’ici, on est loin d’être dans la décomplexion version Expendables. Jack Reacher est malin et a prouvé maintes et maintes fois sa valeur. D’ailleurs, il est si malin que personne ne sait où il crèche ni qui il est véritablement. Une chance pour McQuarrie qui va pouvoir étoffer le mythe avec ce qu’il faut de légendes, tout en laissant planer le doute sur la capacité mentale de Reacher.

Ça faisait un bail qu'on attendait un tel courant d'air frais dans le polar brut de décoffrage.

Ça faisait un bail qu’on attendait un tel courant d’air frais dans le polar brut de décoffrage.

D’ailleurs, sans la présence de Cruise au casting, jamais le personnage de Jack n’aurait pu bénéficier d’une telle aura, d’une telle présence. On sait que lorsqu’il se la raconte auprès des bad guys, il a les moyens de ses ambitions (les scènes d’actions sont sèches et nerveuses). Tout en sérénité et en force de persuasion, l’ex-flic utilise sa connaissance du terrain pour avoir une vue d’ensemble de l’enquête et sa marginalité pour éclaircir les zones d’ombres où la lumière de la torche d’un policier ne permet pas d’aller. Il sait ce qu’il veut où à qui le demander. En cela, il me rappelait Lee Marvin dans Le point de non retour: une forte tête et un corps musculeux avançant telle une machine de guerre vers les emmerdes.

" - T'as vu ma nouvelle application ? J'peux enregistrer tes cris et les mixer sur platine."

 » – T’as vu ma nouvelle application ? J’peux enregistrer tes cris et les mixer sur platine. »

D’ailleurs, le film ne se contente pas d’adapter l’ambiance hard boiled du bouquin mais il pioche une bonne partie de son identité dans ce qui a été fait précédemment (aussi bien dans le western que le film noir). Et la pioche est plutôt bonne: course poursuite, baston, punchlines, fusillade finale à la Peckinpah. Tout les ingrédients d’un pur polar old school sont présents et intégrés à la perfection dans le récit. Même si le style de McQuarrie est encore indécelable, on peut facilement s’apercevoir qu’il construit ses films de la même manière. Aussi, Jack Reacher se compose d’éléments qui étaient déjà présents dans Way of the gun et qui fonctionnait parfaitement. Et sans éviter la redite ou le clin d’oeil balourd, il fournit sa patte à cette adaptation qui enterre bon nombre de ses contemporains.

Encore un peu scolaire, on ressent à chaque instant que McQuarrie cherche à dompter sa caméra.

Encore un peu scolaire, on ressent à chaque instant que McQuarrie cherche à dompter sa caméra.

Rien que la séance d’ouverture troue le cul: en vue subjective, le cinéaste nous invite à assister impuissant au massacre de pauvres innocents. Une plongée en eaux troubles qui oblige le spectateur à vouloir découvrir la vérité, à l’instar de Jack. Mêlant plusieurs genres sans jamais que l’autre prenne le dessus, le film se retrouve le cul entre deux chaises. Certains moments stressants indiquent clairement qu’on lorgne du côté du thriller paranoïaque lorsque la minute d’après, on est soufflé par une baston mâtinée de répliques qui font mouche, dérapant tout de suite vers le pur polar urbain. Mais ça n’est jamais dérangeant et ça donne même un charme plaisant à l’ensemble du film.

Robert Duvall arrive à charmer le public malgré sa présence très brève.

Robert Duvall arrive à charmer le public malgré sa présence très brève.

Même si certains clichés surnagent au milieu de cet océan de réussite, ils ne plombent jamais le déroulement de l’intrigue. Et pourtant, des éléments du scénario sont incroyablement grotesques mais par un phénomène étrange, on s’en fout. C’est sans doute du au fait que Cruise bouffe littéralement l’écran et qu’on n’a d’yeux que pour lui, surhomme  au coeur pur et vaillant défenseur de la veuve et de l’orphelin (la scène finale le catalogue clairement comme un bon samaritain malgré sa carapace de mec pas commode). Et puis pour un deuxième film, on peut carrément dire que c’est une véritable réussite.

7,5/10

 

 

 

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Une réflexion sur “Jack Reacher – Christopher McQuarrie (2012)

  1. Perso, je n’ai mis que 6, car je trouve que l’histoire n’est pas extraordinaire, et j’ai trouvé le film un chouya trop long. Mais j’ai aimé, alors que je ne m’attendais pas à grand chose^^

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