Barb Wire – David Hogan (1996)

Lorsque Barbie rencontre G.I. Joe, ça donne ça !

Lorsque Barbie rencontre G.I. Joe, ça donne ça !

Je vais être franc, c’est la jaquette qui m’a poussé à acheter ce film. Mais comprenez-moi, ça parle de barbelés, de Pamela Anderson Lee, de flingues et de guerre civile. Alors certes, je ne m’attendais pas à voir le biopic de Aung San Suu Kyi version bannière étoilée mais quand les civils se rebellent contre l’autorité, j’ai pas le choix, mon côté anarchiste a envie de voir ça. Et ça fait un bien fou ! On est peut être dans la caricature à outrance tout au long du film (les résistants vivent dans des bidonvilles et les membres de l’état ressemblent à des Nazis) mais qu’est-ce que c’est jouissif de voir un spectacle aussi jubilatoire et débile se prendre au sérieux. Le fun est présent du début à la fin et cette version Mad Max de l’occupation allemande assure le spectacle du début à la fin !

On peut être en guerre et prendre soin de son look !

On peut être en guerre et prendre soin de son look !

Que ça soit dans les déguisements hilarants (il faut voir la dégaine des bandits du no man’s land pour le croire), le changement de tenue de Pamela dans chaque scène où elle apparaît (grosse promo sur le cuir) où la mode Troisième Reich Printemps/Automne qui, en 2017, semble revenue au goût du jour, la mode en prend pour son grade tout en restant l’un des piliers de l’ambiance qui se dégage de la pellicule. L’atmosphère mixant plusieurs références se prête plutôt bien au film qui, même s’il ressemble à un gruyère scénaristique (les facilités de fou furieux qu’ils nous trouvent parfois !) est aussi généreux et fourni que la poitrine de Barb Wire.

Après les marchés aux puces chez les motards, les costumiers se sont penchés sur les surplus de l'armée.

Après le marché aux puces chez les motards, les costumiers se sont penchés sur les surplus de l’armée.

Et sa poitrine, c’est clairement l’argument principal du film, toutes les situations se prêtant à l’effeuiller, en commençant par une introduction qui fout autant la trique qu’elle iconise le personnage incarné par Pamela (un strip-tease sur Word Up de Gun, ça vaut tout les génériques du monde). Poupée Barbie en chair et en os à qui on aurait greffé des poumons supplémentaires, Barb Wire est le fantasme de tout personnage masculins devant et derrière la caméra. Badass mais bandante, elle est l’équivalent de l’action guy des années 80/90. Tout en actes et en impulsivité mais pas grand chose dans le crâne. Elle compense sa bêtise par un déhanché hypnotique et son regard vide par un décolleté qui rendrait la vue à un aveugle.

Bon ok, j'avoue que par moments, ils ont eu la main lourde sur l'iconisation...

Bon ok, j’avoue que par moments, ils ont eu la main lourde sur l’iconisation…

En parlant d’aveugle, il en est un qui ne perd pas de vue son objectif. Cet homme, c’est Udo Kier ! En plus d’avoir un personnage qui ressemble au Alfred de Batman (car Barb Wire a aussi sa  base secrète), ses répliques sont tellement pourries ou inexistantes qu’il est obligé de compenser soit par de l’improvisation, soit par des mimiques et des gestes théâtraux new age pour donner du sens à son personnage. On se demande même s’il n’a pas signé exclusivement pour reluquer la greluche blondasse qui lui sert de « patron » (parce que le genre féminin, ça n’existe plus en 2017) se vautrer dans des canapés ou lui susurrer des ordres habillé en cuir. Mais ne le blâmons pas, c’est loin d’être le personnage le plus atypique du film (le gangster obèse et black en tient une sacrée couche).

En manque d'affection: envoyez BLONDE au 01 500 et recevez un 95 D directement chez vous pour vous blottir contre lui.

En manque d’affection ? Envoyez BLONDE au 01 500 et recevez un 95 D directement chez vous pour vous blottir contre lui.

Passez toute cette panoplie de détails qui font de Barb Wire un film pour déviants pervers, l’action n’est pas en reste et les poursuites teintées de gunfights sont plutôt réussies et permettent de rehausser la note du film. Mais ce qui empêche de prendre véritablement son pied, c’est cette foutue fainéantise qu’ont les bad guys à ne pas être véritablement méchants. Leur connerie, contagieuses à en croire les bleusailles qui les entourent, dissipent leur charisme pour les transformer en ersatz de méchant de film d’action, le rire machiavélique en prime. Une erreur dommageable car j’aimais beaucoup le style du congressiste en chef, coincé entre Klaus Barbie et le Gruber de Die Hard.

Je vous rassure, ça n'est pas du tout ce que vous croyez...

Je vous rassure, ça n’est pas du tout ce que vous croyez…

L’humour et l’ambiance zédarde qui pollue la bobine font de Barb Wire une vraie pépite pour le bouffeur de nanars, qui verront en Pamela Anderson comme la réincarnation d’un idéal disparu, où on pouvait mettre des wonderbras et avoir des couilles. De l’or en barres !

7/10

 

 

 

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