Give ’em Hell, Malone – Russell Mulcahy (2009)

Un film badass n'est pas toujours gage de qualité.

Un film badass n’est pas toujours gage de qualité.

Sortir un film noir dans l’ère du temps malgré le look d’époque des personnages était déjà un pari risqué. Prendre une brute épaisse en la personne de Thomas Jane n’était pas non plus la meilleure idée du siècle. Le sortir en DTV, c’est peut être la meilleure chose qu’il ait pu lui arriver. Parodie sérieuse des films noirs de l’époque, Give ’em hell, Malone (injustement traduit Fais leur voir, Malone) déçoit, autant par ses parti pris assumés (le look Sin City qui ne fonctionne jamais à plein et est maladroitement utilisé) que par ses intentions de vouloir dépoussiérer le film de privés badass en accumulant les clichés.

Les méchants cherchent à tout prix a être charismatiques...en vain.

Les méchants cherchent à tout prix a être charismatiques…en vain.

Mélange de Sam Spade pour sa brutalité et de Philip Marlowe pour son alcoolisme, le personnage de Malone (à l’oreille, on s’y perd d’ailleurs) n’est que l’ombre de ceux à qui il tente de ressembler. Détective privé déplaçant comme bon lui semble la frontière entre le bien et le mal, sa justice expéditive et punitive ne prend jamais, la faute à un monumental Thomas Jane impassible et chiant comme la mort (il faut le voir réclamer son whisky à sa mère au lieu de le récupérer de force). D’ailleurs, la mort, il la sème partout où il passe, la fusillade du début étant aussi brouillonne qu’elle est jouissive. Coincé entre la référence au comic book et le film noir, le film n’a jamais véritablement d’identité et s’oublie aussitôt le DVD retiré du lecteur.

- "Dépêche-toi de cracher le morceau, j'ai un entraînement de football américain qui m'attend."

– « Dépêche-toi de cracher le morceau, j’ai un entraînement de football américain qui m’attend. »

Certains clichés sont pourtant nécessaires pour jouer la carte de la référence au maximum: la femme fatale, brune de préférence avec un grain de beauté placé juste au dessus de la lèvre supérieure qui émoustillerait n’importe quel eunuque (Elsa Pataky au charme divin). Le méchant psychopathe, adepte de Batman qui imite passablement le Joker dans ses accès de folie. Et les répliques cyniques que balance Malone à l’emporte-pièces pour jouer les gros durs. Mais même si l’emballage est joli (certains plans claquent, comme les empreintes de pas ensanglantés de Malone sur le carrelage blanc), le cadeau n’est pas forcément tentant. Voire même empoisonné tant certaines longueurs ou surjeux viennent fausser toute la compassion qu’on pourrait avoir pour ce DTV.

Le charme incomparable de Pataky pèse beaucoup dans la balance.

Le charme incomparable de Pataky pèse beaucoup dans la balance.

Même s’il reste bien au dessus de la moyenne que tout ce qui sort dans les bacs, Give ’em hell, Malone n’est pas non plus le fleuron du genre, réempruntant énormément à ces prédécesseurs pour ne rien inventer (même à Pulp Fiction: la malette + Ving Rhames + Bad Motherfucker) ou mal l’utiliser (les décors et les personnages secondaires). Dommage car j’en attendais beaucoup de bien.

4/10

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