Necronomicon – Christophe Gans, Shûsuke Kaneko & Brian Yuzna (1995)

Un triplé sanguinolent gagnant !

Un triplé sanguinolent gagnant !

Autant Lovecraft est l’un des écrivains les plus adulés par les admirateurs de récits d’angoisse pur, autant tout est histoire de sensibilité lors d’une adaptation. Et celle de ces trois cinéastes est carrément centrée vers la poésie macabre (Gans), la romance fantastique (Kaneko) et le thriller gore (Yuzna). Lorsque je lis qu’ils ne sont pas fidèles à l’univers complexe et mystique de l’auteur ou qu’ils ont pris des libertés trop grandes par rapport à l’horreur, beaucoup trop appuyée, je rigole. C’est vrai que le Yuzna devient comique à force d’être gore mais cela fait partie de son style. C’est bien simple: je préfère voir des réalisateurs tenter de donner vie à des oeuvres existantes en leur instillant leur personnalité et leur vision plutôt que de voir des adaptations fidèles à la virgule près, débordantes d’amour et écoeurantes d’académisme..

Le latex, c'est super chouette !

Le latex, c’est super chouette !

Artisanal, c’est le mot qui me vient à l »esprit lorsque je repense à ce film. Autant les trois segments sont différents par leur thème abordé et leur façon d’amener le fantastique dans la réalité, autant les maquillages utilisés et les effets spéciaux à l’ancienne semblent raccord. Qu’ils s’agissent de l’homme poisson chez Gans ou du savant fou chez Kaneko, tout un savoir faire est mis en oeuvre pour livrer les plus magnifiques prothèses qui nous rappellent le bon vieux temps et collent parfaitement à l’ambiance de Lovecraft (les CGI sont bannis pour son univers). Ces déguisements collants et dégoulinants, ces costumes où le génie et l’art semblent s’être accouplés, ces maquillages sont tout autant d’éléments qui relient les différents sketches ente eux.

Seule Gans utilisera réellement le Necronomicon dans son segment.

Seule Gans utilisera véritablement le Necronomicon dans son segment.

Même si le fil rouge est bien présent (Jeffrey Combs incarne Lovecraft lui même, nous remémorant notre premier visionnage de Re-Animator), il ferait presque partie d’un segment à lui tout seul, tout autant ravagé et gore que le reste. Cependant, il y a tout de même un problème majeur à soulever: la différence de rythme. Autant le Gans délivre de belles images et une vision du fantastique old school, autant son court aurait pu se passer de dialogues tant il semble rendre hommage aux vieux films d’horreur qu’il vénère (ça sent la Hammer derrière tout ça). Ce qui n’aide pas à rentrer dans le Kaneko qui lui, reste bloqué entre les deux extrêmes shootés par ses collègues. Une sorte d’entracte efficace mais chamboulé par le Yuzna qui défonce tout sur son passage, livrant un trip sensoriel et gore, à la limite du cartoon tant on rit autant qu’on frissonne.

Le lifting revu et corrigé pour l'occasion.

Le lifting revu et corrigé pour l’occasion.

Quoi qu’il en soit, même si Necronomicon n’est pas un véritable hommage vibrant et sincère à Lovecraft comme on le définirait (on attend toujours l’adaptation des Montagnes hallucinées par Guillermo Del Toro), c’est fait par des amoureux inconditionnels du genre et des artisans de première main. Et rien que le pari fou d’oser s’approprier un monstre comme Lovecraft, ça vaut tout les honneurs du monde.

8,5/10

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