Jade – William Friedkin (1995)

Quand Friedkin se met au feuilleton, ça en remontre à pas mal de monde.

Quand Friedkin se met au feuilleton, ça en remontre à pas mal de monde.

Méconnu pour la simple et bonne raison qu’il est mineur dans la filmographie de William Friedkin, Jade  n’en oublie pas moins de briller à certains moments. Dans sa critique maladroite mais bel et bien présente du système judiciaire américain dont les rouages semblent fonctionner au spermicide (la fellation de Monica Lewinsky n’est que la face visible de l’iceberg), dans sa faculté à tenir en haleine le spectateur avec un scénario qui tient sur un sachet de thé et dans sa générosité. Willy, même si le sujet ne semble pas lui tenir à coeur (ça se voit comme le nez au milieu de la figure là !), pense toujours à son public.

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C’est donc en nous gratifiant d’une course poursuite monumentale qu’il nous récompense de notre patience et de notre fidélité. Et qui de mieux placé pour filmer ce genre de scène que le maître en personne ? Nerveuse, brutale, bruyante et originale, il nous démontre par sa signature si personnelle que même les mauvais films méritent des scènes d’anthologie. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Un mauvais film. Pas plus intéressant qu’un épisode des Experts (la présence de David Caruso sans le rôle principal doit y être pour quelque chose…), rien de bien mémorable (hormis la course poursuite et le corps sublime, à se damner, de Linda Fiorentino).

Sublime est un bien piètre mot face à la violence de son charme.

Sublime est un bien piètre mot face à la violence de son charme.

Aussitôt vu, aussitôt oublié ? Presque au vu du simple exercice de commande que le film semble représenter. Et même s’il se démarque du vulgaire feuilleton par ses plans choisis et une régularité dans le propos du cinéaste, ça reste très moyen et regrettable que le talent d’un tel conteur soit sous-exploité. Le casting assure (à part Caruso, impassible et fidèle à lui même), les couleurs sont 90’s, ça sent le sexe et le bitume mais vraiment rien d’excitant.

6,5/10

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