Rengaine – Rachid Djaïdani

Le « réalisateur » a l’intelligence de mettre « conte » au lieu de « film ». Au moins, il se mouille pas…

Flash spécial: le jury de Cannes aurait-il été victime d’un complot sans précédent dans l’histoire du festival ? Certains auraient-ils été menacés d’être traités de conservateurs s’il ne primait pas Rengaine ? Le cinéma peut et doit se renouveler, à grand renfort d’idées. Mais ça n’est pas en faisant un grand pas en arrière et en torchant un docu-fiction (qui se dit film) plus mal tourné qu’un film de vacances Amish qu’on va y arriver. J’en ai vu des daubes dans ma vie. Mais mêmes si les films étaient nuls, ils avaient au moins le mérite de prétendre à une réalisation passable.

Les pauvres acteurs principaux ont grillés leur carrière avant même de la commencer.

Le point positif, c’est que je ne verrai plus jamais le cinéma comme avant. D’une part car je vais revoir à la hausse tous les mauvais films sur lesquels j’ai pu dire du mal. D’autre part, je suis content qu’on donne une telle chance à un manque de talent aussi probant car ça laisse une chance à d’autres,beaucoup plus méritants. Rachid Djaïdani cherche à faire un cinéma vérité touchant, accumulant des centaines de rushes et les collant les uns aux autres dans une sorte de rythme bordélique. On ne comprend jamais où il veut en venir. Il y a bien une certaine notion de la différence de religions au coeur même d’un communautarisme minoritaire urbain mais il est tellement démontré avec les pieds qu’on en rigole.

Pour qui avait déjà peur de fréquenter les banlieues, une heure de Rengaine suffit à vous vacciner d’y mettre les pieds.

Il se tire une balle dans le pied à chaque scène. Lorsqu’il tente d’échapper aux clichés en prônant la liberté de penser, il retombe de plus haut dedans en nous montrant des jeunes mal fagotés, très violents entre eux (ce qui implique qu’ils sont violents avec les inconnus) et adeptes du mono centrisme culturel. Bref, une jeunesse délinquante, déliquescente et déshumanisée pour le plus grand bonheur des électeurs du front national (du moins ceux qui ont franchi le pas d’aller voir le film en salles). Quand je pense à tous ces films qui ont traités le sujet avec un tel brio et qui sont restés méconnus en France (Et maintenant, on va où ? est un véritable chef d’oeuvre de démonstration du conflit identitaire chrétien/musulman), je suis ébahi de voir une telle hypocrisie prétentieuse de la part du jury cannois.

On pourra dire ce qu’on veut mais je sais dire avec exactitude combien de poils cet acteur a dans le nez…

Rengaine est une insulte au cinéma dans sa forme la plus pure: ça mélange zooms et gros plans (mais attention, pas du zoom de merde hein), flous (qui n’ont rien d’artistiques si ce n’est se mêler à celui du scénario), caméras à l’épaule chevrotantes, mouvements saccadés. On a l’impression d’être en caméra cachée durant une planque de la police dans les quartiers Nord de Marseille. C’est gerbant au possible et ça dure 1h15. J’ai quand même fait l’effort de tenir 1h00 pour me forger un avis bétonné et avant que vous me traitiez de mauvaise langue,je vous met au défi de faire mieux. Allez, moi je retourne voir Polisse, ça c’est un film vérité qui brasse dix idées à la minute avec brio.

0,5/10

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Une réflexion sur “Rengaine – Rachid Djaïdani

  1. Dans le genre conte, j’ai beaucoup aimé « et maintenant on va où ».

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