Paprika (2006)

Le fantasme et le rêve sont toujours étroitement liés…

…jusqu’à ce que l’un ou l’autre décide de s’ancrer définitivement dans notre perception de la réalité. C’est ce que Satoshi Kon, le créateur de ce petit bijou onirique et mélancolique qu’est Paprika, est cherché à mettre en images. Et quelles images ! Les dessins sont fabuleux et le niveau de détail est ahurissant. C’est une explosion de couleurs et de formes à chaque plan (notamment durant les scènes où l’on aperçoit la fanfare).

Les multiples personnalités des sujets traités ne sont qu’une variante d’un seul et même rêve.

A l’instar d’Inception quelques années plus tard, les êtres humains ont réussis à mettre la main sur les rêves. Plus précisément, une poignée de scientifiques est en mesure de les enregistrer pour analyse futures, voire même de les contrôler et d’entrer dans certains d’entre eux. Paprika est l’une de ces guides oniriques et se contente de dresser un bilan psychologique grâce à ce qu’elle voit et ce que le sujet ressent. Mais une telle technologie n’est pas sans laisser planer une nouvelle forme de menace si elle tombe entre de mauvaises mains.

Les allées et venues entre rêve et réalité sont déstabilisantes à plus d’un titre.

Mature aussi bien dans son propos que dans le développement de ses personnages, le manga est un vrai shaker d’idées farfelues. Richement illustré (le début est une vraie claque d’animation), on en revient toujours au même chez les meilleurs mangakas, soit la destruction du monde connu et la création d’un nouvel ordre mondial (Akira, 20th Century Boys,…). Le méchant ressemble étrangement au Dr. Manhattan présent dans Watchmen, autant par son physique que par sa classe sociale.

Le souci du détail est grisant et démontre que Satoshi Kon est un véritable perfectionniste.

Thriller fantastique teinté d’humour et de déclarations passionnés au 7ème art en général (Kon s’identifiant au personnage du commissaire), il est flippant de constater qu’un tel jardin secret puisse être violé d’une manière aussi brutale et cruelle, les rêves n’étant ni plus ni moins que le refuge ultime de notre imaginaire face à la fatalité de la vie. Aussi coloré qu’il soit, Paprika broie du noir.

7,5/10

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