Hell – Tim Fehlbaum

Pas besoin de détruire la Terre entière à coups d’effets spéciaux hors de prix pour livrer sa vision de l’apocalypse.

L’écologie et l’anticipation ont toujours fait bon ménage. Hell ne déroge pas à la règle, utilisant le réchauffement climatique pour expliquer les températures féroces qui sévissent durant la journée. Rester diurne est mauvais pour la santé et c’est à vos risques et périls que vous vous aventurerez en plein soleil à la recherche d’eau et de nourriture. Prenant appui sur ce qui fait la force de Mad Max (l’eau remplace le pétrole, les forêts desséchées remplacent les déserts arides), la pépite injustement privée de sorties en salles dans nos vertes contrées est parfaitement rôdé.

La mode de l’été indien: le sweat à capuche.

L’Allemagne surprend son monde en livrant une oeuvre hétérogène, piochant aussi bien du côté du film post-apocalyptique que du survival. Sans jamais perdre son identité et sa force, il jongle brillamment entre les deux, certaines scènes valant le détour (la fuite de la ferme). On se souvient de Danny Boyle qui avait parfaitement su gérer l’osmose entre les deux genres bien avant. Sauf que les méchants de Hell sont comme vous et moi. Et de pouvoir s’identifier à une forme de mal aussi absolue que compréhensible, ça fout les jetons.

Vivre dans l’ombre est la meilleure solution pour rester en vie.

Et pourtant, on a tous des préjugés quand à ce qui peut provenir de l’Allemagne (leur meilleure série télé, c’est quand même Le clown…ça montre un peu le niveau). Force est de constater que les acteurs s’en tirent plutôt bien, alliant justesse dramatique et présence physique (mention spéciale à la talentueuse Hannah Herzsprung). Sur un scénario somme toute basique, Fehlbaum réussit à nous tenir en haleine par une mise en scène soignée, une photographie alimentés d’éclairs lumineux éblouissants de maîtrise et un sens du rythme, le tout réuni par une intrigue conventionnelle mais qui ne se perd jamais en chemin, le soleil ravageur n’étant pas qu’un simple artifice.

Il est conseillé de porter de la crème solaire indice 80 une fois sorti de votre abri.

C’est tout de même incroyable que ce genre d’oeuvres, aussi réussies soit-elles, ne puissent être visibles en salles que lors de festivaux dédiés au genre. Mais on peut se consoler en remarquant qu’une place plus importante lui est dédiée depuis ces dernières années et que l’Europe semble prête à s’ouvrir à cette vague qui mérite tout autant sa place dans le paysage cinématographique que n’importe quel autre genre.

7,5/10

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