Heartless (2009)

Le titre est loin de coller à la personnalité du personnage.

Dans une toile de fond sociale où la violence de certains quartiers transforment une partie d’une ville et confinent une minorité d’habitants dans une zone de non-droit (ça n’est pas sans rappeler Marseille aujourd’hui), Philip Ridley cherche à nous raconter l’histoire d’un jeune homme qui cherche un sens à sa vie. Et c’est poussé par la religion qu’il trouvera un écho à son existence physique et à son inexistence vis à vis de ses contemporains. Le personnage, légèrement défiguré par une tache de naissance difficile à porter, reçoit de façon journalière les moqueries de ses voisins et des gens du quartier dans lequel il habite. Une situation qui devient de plus en plus dure à vivre au quotidien pour Jamie (Jim Sturgess impérial).

La solitude, aussi bien physique que mentale, peut donner naissance à des idées noires.

Ce que l’on remarque tout de suite, c’est que c’est beau. Malgré la crasse et la violence urbaine qui nous est présenté sans fioritures (le meurtre du père et de son fils, horrible fait-divers), il se dégage une poésie dans les plans sublimant l’obscurité et les musiques aux notes lumineuses. D’ailleurs, les chansons interprétées par l’acteur lui même pouvant être considérées comme des appels à l’aide, on se dit que tout est fait pour mêler plusieurs arts en un seul et même film (la photographie, la musique, la littérature et le cinéma). Philip Ridley maîtrise le sien et ça se voit.

Taquin, machiavélique, joueur, mauvais perdant, violent, provocateur, tentateur, diabolique…

Loin de jouer sur la fibre horrifique pour s’attirer l’attention du spectateur (même si quelques jumps scares sont placés un peu trop facilement), Heartless joue avant tout la carte de la proximité, collant aux basques de son personnage principal pour mieux sonder l’intérieur de son esprit et, plus particulièrement, de son âme. Se révélant tour à tour monstrueux et angélique, Jamie s’engouffrera dans une quête à la recherche de soi-même, tâtonnant entre le bien et le mal avant de trouver la voie de la rédemption et du salut. Parsemé de symboles et de figures christiques, le film ne prétend pas être religieusement engagé. Juste une manière d’appuyer la violence et le chaos provoqués par de pauvres hères en lui donnant une justification morale.

Les flashbacks mélancoliques noircissent davantage l’ambiance en ôtant tout espoir.

En tout cas, ce conte social à l’aspect onirique m’a donné envie de découvrir l’oeuvre du cinéaste qui, à l’instar de Richard Stanley, reste trop longtemps dans l’ombre entre chaque passage à l’acte. Comme s’ils mettaient sur pellicule une partie d’eux. Mais ne vaut-il pas mieux prendre la caméra lorsque l’on a véritablement quelque chose à faire partager ?

8,5/10

Publicités
Tagué , , , , , , , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :