Hobo with a shotgun (2011)

Toutes les idées sont bonnes: il suffit de savoir les présenter.

On sent dès les premières minutes que ces petits jeunes plein d’énergie ont été nourris aux bonnes péloches avant même de savoir marcher. Rendant un vibrant hommage à tout un pan du cinéma de genre (du minimalisme musical de Carpenter aux couleurs saturées d’Argento), Hobo with a shotgun est un véritable cri du coeur: violent et sincère. Sincère dans sa démarche de nous en mettre plein les mirettes, violent dans la façon de le faire. J’ai rarement vu autant de scènes aussi incroyables, choquantes, dégueulasses et noires (le bus scolaire est le point d’orgue de la brutalité qu’on puisse atteindre).

La violence est stylisée…mais on est clairement pas chez Scorsese !

Partant d’une idée simple mais efficace (un sans-abri se charge de nettoyer les rues de la vermine qui y rôde) et d’une tentative d’en remontrer, par le biais d’un faux trailer, à ceux qui ont initié la relancée de la mode grindhouse (Tarantino et Rodriguez pour ne pas les nommer), les trois compères canadiens s’en sont donnés à coeur joie et ce, à tous les niveaux. De l’écriture pleine de symboles (le discours de la prostituée face aux hordes de civils enragés) aux plans léchés à l’esthétique expérimental (les premiers meurtres du clochard), des thèmes inspirés et légèrement mélancoliques au virage fantastique en pleine seconde moitié du métrage, tout est une question de rythme dosé au millimètre.

Certaines rencontres peuvent bouleverser une vie et un destin.

La violence outrancière de certaines scènes ne fait qu’appuyer le côté cartoon et apporte un charme ineffable à la bobine. La portée dramatique qu’inspire les deux personnages est loin d’être factice. Le clochard et la pute, c’est un peu l’image de la belle et la bête (Rutger Hauer se comparant à un ours à un moment donné) remis au goût du jour, dans une ville à l’aspect post-apocalyptique. La rue étant leur gagne-pain, leur domicile et leur seul compagnie, les deux personnages étaient faits pour se rencontrer, s’aimer et s’entraider (amour qui explose juste avant le générique, dans le cri de la prostituée qui n’est pas sans rappeler celui de Nancy Allen dans Blow Out).

Le nettoyage de la crasse urbaine se fera dans le bruit et la fureur.

Flamboyant, Howo with a shotgun est un feu d’artifices d’inventivité, de clins d’oeils, de gore, d’immoralité, de beauté, de violence et de digestion cinéphilique. Rutger Hauer, rappelant étrangement son personnage de l’auto-stoppeur sadique dans The Hitcher (le fusil à pompe doit y être pour quelque chose), bouffe littéralement l’écran, livrant une prestation d’homme désenchanté et éreinté par le poids des années et d’une vie sans perspective de lendemain. Le seul clochard capable de vous rendre la monnaie de votre pièce. Vivement que ces lascars nous trouvent une autre idée de ce genre.

8,5/10

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Une réflexion sur “Hobo with a shotgun (2011)

  1. Maganinho Anthony dit :

    Je connais pas ce film… Mais je veut le voir 😉

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