L’ombre du mal – James McTeigue

En attendant le Poe de Sylvester Stallone, on peut largement se contenter de celui-ci.

L’idée de créer une chasse à l’homme dont la bête traquée serait la propre imagination d’Edgar Allan Poe m’attirait sérieusement, ses écrits se révélant aussi audacieux que macabres. Comme si, pour chasser ses démons et les exorciser définitivement, il se devait de frôler la mort. Se rapprocher d’elle aussi près que possible. Et avec un bon faiseur comme McTeigue aux commandes (dont la manière de faire de son époque un personnage vivant dans V pour Vendetta m’avait subjugué), je ne me faisais pas trop de soucis. Sauf que j’y suis allé un peu trop confiant…

– « Hmm tou aimes mon coustume de zèbre ? Oh oui, régarde comme jou fais l’amour à la caméra ! »

Baltimore, tout en brumes et en ruelles sombres, n’échappe pas à la règle du personnage. Elle semble vivante, incarnée et vicieuse, comme si Poe se promenait dans son propre subconscient. Aviné et mélancolique, celui-ci cherche un moyen de gagner la main de son amante. Et c’est une fois de plus avec son imagination pantagruélique, le vidant de toute énergie et de toutes forces, qu’il va trouver le chemin de la rédemption. En quête d’amour, il ne trouvera que la mort au bout du chemin, condamné à errer parmi les âmes oubliées de Baltimore. Cette poésie sombre et cruelle trouve écho dans la réalisation de McTeigue, ne laissant souffler le spectateur qu’au détour de dialogues finement écrits, l’aspect rocambolesque de l’intrigue apportant son eau au moulin de la narration scindée en chapitres.

L’esprit de l’écrivain maudit est aussi embrumé que les ruelles de Baltimore.

Chaque chapitre est introduit par la mort d’un innocent. Brutale mais lente, originale mais inspirée. Inspirées par les propres écrits du romancier qui, à l’instar de Sherlock Holmes, va endosser la casquette du détective, aux côtés de l’inspecteur Fields.afin de mettre la main sur sa muse cachée. Les deux hommes vont user de leur différents atouts (l’un sa créativité, l’autre sa persévérance) pour dénouer les films directeurs d’une enquête légèrement alambiquée mais qui termine en eau de boudin (j’ai un problème avec les twists en ce moment). La faute autant à une fin bâclée qu’à un John Cusack peu inspiré pour renouveler son personnage.

Une cuillère de Zodiac, un soupçon de Seven. N’est pas David Fincher qui veut…

Je ne peux pas dire qu’il soit raté car ça serait mentir. Le réalisateur nous pond de très beaux plans, mais il les mets tous dans les premières bobines. Ce qui fait que la première moitié du film est magistrale alors que la deuxième s’essouffle aussi vite que la tension est montée. Ajouté à cela un serial killer mesquin mais pas du tout charismatique et on attend avec grand peine la moyenne.

6,5/10

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