Populaire – Régis Roinsard (Avant-première à l’UGC Ciné Cité Confluence)

Un duo d’acteurs en parfaite harmonie. La Belgique nous envoie ses meilleurs atouts.

Une idée saugrenue peut donner naissance à tout et n’importe quoi. C’est en regardant un documentaire sur les machines à écrire que Régis Roinsard s’aperçoit qu’il existe une compétition dactylographique. Subjugué par un tel évènement  il compile un maximum de données et de références afin d’écrire (à 6 mains) un scénario qui sera quasiment produit dès la fin de l’écriture. Bien que le synopsis soit mal à propos (une fille de la campagne veut fuir son village natal pour éviter le mariage avec le fils du garagiste), ça ne m’a pas empêché de braver l’obscurité de la salle pour aller assister à cette avant-première. Et grand bien m’en a fait.

La complicité est le maître mot du tournage. On s’y sent comme chez soi et ça se ressent à l’écran.

Grand fan des années 50 devant l’éternel, le cinéaste (dont c’est le premier film) recrache tout ce qu’il aime provenant de cette période à l’écran. Le résultat étonne par sa sincérité et son réalisme (Roinsard a choisit lui même les 1500 figurants du film), les voitures anciennes et la mode d’autrefois (vêtements, coiffures, tics de langage) s’inscrivant parfaitement dans la temporalité des dialogues et du récit. Les influences d’Hitchcock (et donc de De Palma) et des actrices de l’âge d’or d’Hollywood transpire à l’écran, sans abonder jusqu’à en être dérangeant. La bande originale, les mouvements de caméra (travelling, split-screens), les dialogues, tout semble calculé à la perfection pour donner envie au spectateur de s’engouffrer dans l’histoire sans réfléchir.

Les femmes ne se font pas de cadeau. Plus qu’un concours, une compétition.

On regrettera juste la banalité de l’histoire d’amour au déroulement purement hollywoodien (avec la happy end qui va bien). Malgré l’originalité du sujet, on échappe pas à certains clichés des comédies romantiques. Cependant, Romain Duris (tout en retenue) et Deborah François (au charme simple mais qui interpelle) forme un couple magnifique à l’écran, véritable ciment de la réussite de Populaire. Et même s’il s’agit d’une première percée dans le cinéma, on peut espérer que ce casting inéspéré permette au réalisateur/scénariste de nous concocter d’autres comédies dont il a le secret, d’autant plus que celle-ci est très réussie.

– « Cha-cha-cha de la secrétaire !!! »

L’intervention du réalisateur, de son co-scénariste et de Déborah François en fin de projection, bien qu’elle fut brève, était bon enfant et agréable. Les questions posées à l’équipe (notamment la mienne) étaient toutes pertinentes (sauf celle où une cinéphile à chercher à se démarquer en sortant une analyse d’un plan dont tout le monde se foutait royalement, y compris le réalisateur). Une bonne ambiance et une envie d’en découdre encore avec ce talent prometteur.

8,5/10 (presque 9)

Publicités
Tagué , , , , , , , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :