Scott Pilgrim vs the World (2010)

Un véritable rêve éveillé de geek !

Comment a-t-on pu accoucher d’un tel OVNI et qu’il passe quasiment inaperçu en salles ? Le public était trouvé d’avance car c’est à tout un pan de joueurs invétérés que le chef d’oeuvre d’Edgar Wright s’adresse. Et Dieu sait qu’ils sont nombreux à chercher depuis des années un minimum de reconnaissance dans des adaptations de jeux vidéos toutes plus ridicules les unes que les autres. Scott Pilgrim vs the World s’adresse avant tout aux nostalgiques de la Super Nes, à ceux qui tremblent d’excitation manettes en main, à ceux pour qui la Game Boy a trôné fièrement sur leur table de chevet durant toute leur enfance. Ces anciens enfants sont devenus adultes et Edgar Wright est fier d’en faire partie et d’être leur porte-parole.

La mise en scène est originale et survoltée, faisant preuve d’une inventivité débordante.

Car il ne fait pas que s’accaparer toute la culture du jeu vidéo pour nous la ressortir au détour de quelques clins d’oeils stratégiquement placés. Elle s’intègre parfaitement dans son récit et sa narration et ponctue le film entier de son rythme épileptique, de ses couleurs chatoyantes, de ses sons et ses musiques 16-bits. Le jeu vidéo est au coeur même de l’intrigue, déployant ses ailes poussiéreuses pour nous faire réaliser que certains jeux font toujours partie de notre inconscient. Un thème de Zelda entendu par ci, un son propre à l’univers de Mario par là, une baston à la Rival Schools, une réplique d’un Final Fantasy. Tous ces éléments posent les bases de l’adaptation et transparaissent à l’écran de manière absolument géniale.

Le réalisateur n’oublie pas qu’il touche à un comic book, glissant subtilement quelques onomatopées propres à la BD.

Le lyrisme de certaines scènes conjugués aux couleurs acidulées et aux mouvements de caméra complètement fous donnent une véritable identité au bébé du cinéaste. On se délecte de l’imaginaire d’un véritable hardcore gamer poussé à son paroxysme, une caméra à la main et des milliards d’idées en tête. Scott Pilgrim vs the World aurait pu être une comédie romantique complètement niaise (ce qu’elle peut paraître aux premiers abords pour le novice), elle gagne d’autant plus d’intérêt que cette histoire d’amour est véritable et que la représentation que l’on peut s’en faire étant ado n’est pas si éloignée que celle du personnage incarné par un Michael Cera, hilarant en musicien amorphe. L’amour fait battre les coeurs et donne des ailes et c’est grâce à Ramona (Mary Elizabeth Winstead au charme impossible) que Scott se prouvera qu’il n’est pas qu’un simple raté.

L’amour est un carburant qui peut nous emmener loin. Très loin…

Hymne à l’espoir, à l’amour, véritable cri du coeur d’un geek absolu, le film se veut représentatif de toute une génération et il y parvient par une force de persuasion irréprochable et une mise en scène surgonflée en adrénaline (les combats sont d’une maîtrise !). Un bijou de divertissement qui garde une véritable candeur malgré le traitement adulte du support, nous rappelant sans cesse qu’il n’est question que de volonté et d’acharnement lorsqu’on a un projet en tête.

10/10

Publicités
Tagué , , , , , , , , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :