Skyfall – Sam Mendes

Le James Bond le plus jouissif de la période Craig !

D’une part parce qu’on a non pas une mais deux James Bond girls et d’autre part car Sam Mendes réussit le pari de mélanger le plus de genres possible dans un seul et même film: espionnage paranoïaque, thriller tendu, film d’action nerveux, vigilante et même survival ! Les fans de l’agent 007 ne pourront qu’être conquis par cette panoplie de changement de rythmes, tous incrémentés les uns dans les autres pour obtenir le plus romanesque et cependant le plus visuel des James Bond. Pour les 50 ans de l’agent secret britannique, l’équipe du film a opéré un véritable tournant dans la saga. Prisme temporel, kaléidoscope de ce que Ian Fleming a inventé de mieux (ce mot m’est venu à l’esprit en observant le générique), Skyfall n’est ni plus ni moins qu’un film rassembleur, renouant avec l’esprit des premières aventures du héros jusqu’à la période plus noire, plus humaine, incarnée par Daniel Craig.

La part d’ombre et de mystère entourant l’agent 007 est davantage mise en avant et sert habilement le récit.

Que les inconditionnels de la saga ne se fassent pas de mauvais sang, Sam Mendes assure niveau action, enterrant presque tout ce qui a été fait auparavant par une utilisation magistrale du rythme, de la caméra et des aptitudes de l’acteur. C’est simple, on croirait voir un épisode de Die Hard filmé par McTiernan (la scène du manoir !). Au passage, le méchant est l’un des plus charismatiques que j’ai vu au cinéma, complètement cintré mais terriblement intelligent (Javier Bardem a le don d’enfanter des salopards de première). Le réalisateur d’Away We Go et d’American Beauty n’est donc pas en reste pour nous pondre un cocktail détonnant, mixant habilement les meilleurs ingrédients possible afin que le goût nous reste en bouche un sacré bout de temps.

La classe, l’élégance, le raffinement: on est loin du bling bling des précédentes productions.

Un Bond dans le passé est nécessaire pour comprendre la finalité de Skyfall: Mendes détruit toutes les fondations bâties jusqu’alors, récupère les matériaux les plus solides et reconstruit le mythe. Risqué mais payant. On nous ressort donc l’Aston Martin chère à double zéro, les passages à Istanbul (Sean Connery et Pierce Brosnan ont déjà foulés le sol de la capitale turque), la jeunesse de Bond, Moneypenny et j’en passe et des meilleures. On a l’impression de vivre la création d’une légende, création par la déconstruction et le remodelage. Daniel Craig n’a jamais semblé aussi à l’aise dans les chaussures vernies de l’agent 007. Le renouveau a du bon, surtout lorsqu’on se frotte à une saga vieille de 50 ans. Il était grand temps de dépoussiérer tout ça.

Loin d’être rouillé, les 50 bougies de James Bond se soufflent à grands renfort d’explosions.

Salle comble, excitation palpable, Skyfall prouve que l’agent secret le moins secret du monde a encore de beaux restes et de beaux jours devant lui. Espérons que Mendes occupe le poste de réalisateur pour un petit moment car il a su allier parfaitement les désirs du public au cahier des charges de la production, sans pour autant faire fi de son style visuel imparable (ça sent le soin clinique qui était déjà apporté à la mise en scène des Sentiers de la perdition). On en redemande encore !

9/10

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