Les glandeurs (1995)

Si vous ne l’aviez pas compris avec cette affiche, le film s’adresse avant tout aux connaisseurs de la culture « geek » avant d’intéresser le premier quidam venu.

Deuxième film du créateur de Clerks, l’amateurisme ambiant que l’on ressent dans Les Glandeurs s’apparentent dorénavant à une marque de fabrique qu’il continuera à utiliser (notamment dans CLerks 2 et Jay & Silent Bob contre-attaquent). Calquant le principe de son prédécesseur (deux mecs qui discutent de la vie autour de métaphores culturelles) et montant d’un cran dans la prise de risque (plus de figurants, lieu de tournage imposant, budget plus confortable), Mallrats (en V.O) ressasse les même thèmes que Clerks avec autant de brio mais moins de spontanéité. Ce qui faisait le charme de Clerks s’efface ici pour laisser la place à ses personnages afin de finir d’installer son univers personnel. Et, en fin de compte, c’est pas si mal.

La sexualité occupe toujours une place prépondérante dans la gamberge du cinéaste.

Rendant de manière non intentionnelle hommage au Zombie de Romero avec lequel il partage le même lieu de tournage unique, il n’évite pas non plus les clins d’oeils appuyés à ses comics préférés, se payant même le luxe de la présence de Stan Lee jouant son propre rôle. Beaucoup moins chargé en débats culturels (reste quand même quelques dérives), le film se concentre autour de ses deux histoires d’amour et garde un fil directeur plutôt que d’être une sorte de film à sketchs original. La scène du jeu télévisé est hilarante et met fortement à contribution l’amour immodéré du cinéaste pour la joute verbale et les répliques bien écrites.

Glandeurs devants l’éternels, Jay et Silent Bob sont les rejetons du Dude de The Big Lebowski.

Gardant son cheptel comme un berger attentif, Kevin Smith fait de nouveau appel à ses personnages de Jay et Silent Bob, toujours aussi représentatifs de l’univers du cinéaste (et qui seront présents dans au moins trois autres films). Ben Affleck est également de la partie, même si son rôle se résume à jouer le gros connard de base (qu’il fait plutôt bien étonnamment…). Toujours fun, jamais chiant, Les glandeurs s’installe dans la même lignée que les films qui vont suivre, une sorte d’entracte et, en quelque sorte, un Clerks 1.5.

8/10

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