La jeune fille à la perle (2003)

La ressemblance entre Scarlett et le véritable modèle est vraiment frappante !

Adapter un roman qui joue énormément sur les saveurs, les odeurs et les émotions n’est pas chose aisée. Peter Webber a eu le bon goût de transposer le tout à l’aide d’une mise en scène inventive. Les lumières et les décors sont particulièrement réussis, chaque plan fixe ressemblant à une peinture. Et des plans fixes, le film en regorge et fait passer l’adaptation pour une sorte de book, délaissant régulièrement le récit pour flatter l’oeil du spectateur bien que dans l’ensemble, le film reste fidèle au roman de Tracy Chevalier et ne se permet aucunes incartades.

Chaque scène importante est magnifiée, donnant ses lettres de noblesse au cinéma et le confortant en tant qu’art à part entière.

De nombreuses ellipses cassent malgré tout la filiation avec le roman, faisant gagner en rythme mais perdre en intensité. Cependant, même grâce à ce procédé de coupe, le film reste très contemplatif et souvent muet, préférant jouer sur les sensations en promenant silencieusement sa caméra parmi les acteurs (Colin Firth aussi fantomatique que son personnage) plutôt que d’exposer leurs sentiments en les transformant en paroles dénués de chaleur visuelle. Les corps expriment clairement les intentions de chacun (le plan durant la création de couleurs dans l’atelier), rendant inutiles toute explication.

Je m’étais fait une autre idée de l’atelier: plus encombré, moins lumineux et davantage poussiéreux.

On retrouve l’ambiance et l’atmosphère du roman avec délice, chaque scène se déroulant à l’extérieur nous gâtant par la gestion de l’espace et du cadre. Mais la ville semble sans vie: si ce n’est quelques figurants qui font grise mine aux premiers plans, toute l’animation et le coeur du film semble se concentrer dans la maison du peintre Vermeer, rendant ineptes les moments où Griet doit aller faire des commissions, la froideur des décors extérieurs contrastant maladroitement avec la chaleur humaine qui se dégage de la maison. Un travail d’adaptation respectable même si j’aurais sollicité une prise de risque afin de dépasser le matériau de base.

6/10

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