The Insider (2010)

Un traitement de l’indic infiltré classique mais efficace.

Infernal Affairs n’en finit pas de faire des émules chez nos amis chinois. Se basant sur une trame similaire, The Insider est un simple ersatz de ce qu’on a déjà pu voir au cinéma. Conscient de son absence d’originalité, Dante Lam ne compte pas réinventer l’histoire mais la saupoudrer d’une trame amoureuse parallèle à l’enquête. Et le film ne tend qu’à atteindre sa dernière bobine, mettant en avant les deux protagonistes (le flic et le voyou infiltré) dans une scène dure et noire, sèche et nerveuse. L’heure et demie qui la précède ne sert qu’à nous emmener dans une seule direction, une destination où l’espoir n’existe plus.

La passion peut s’acheter avec de l’argent. Mais pas l’amour.

Mais si vous suivez bien, il faut se coltiner une heure et demie avant de voir cette fameuse scène. Heureusement quelques moments de tension interviennent tout au long du film (la visite chez la voisine, la filature) et permettent de rester éveillé. L’ajout d’une romance plombe légèrement le rythme du thriller, l’un prenant toujours le pas sur l’autre, sans jamais véritablement arriver à se confondre (sauf au détour d’une scène de poursuite où un baiser est échangé). Dante Lam n’a pas choisi le chemin de la facilité et c’est tout à son honneur. Ses personnages sont en constante remise en question et gagne en humanité par la démonstration de leurs sentiments et leurs actes répréhensibles (l’augmentation de la part du butin, l’accident émotif).

En adoptant une approche sentimentaliste, la figure du flic, souvent représenté de manière charismatique, prend un sacré coup dans l’aile.

L’amour est vraiment le thème central du film et l’enquête n’est que l’emballage. Le cinéaste peine à nous intéresser à sa bande de braqueurs et préfère filmer ce qu’on a peu l’habitude de voir dans le polar (n’est pas Michael Mann qui veut) plutôt que de s’intéresser aux scènes d’actions, torchées à la va-vite et expédiées fissa (le braquage tant attendu dure 3 minutes !). La caméra est toujours en action mais n’est jamais gerbante. Les mouvements fluides et légèrement saccadés permettent une continuité de l’action à l’image lorsque les plans sont propices à des effets de mise en scène. Nervosité, violence, rapidité, relâchement, Lam adapte sa caméra à chaque situation.

Y’en a qui passent un mauvais (dernier) quart d’heure !

Mais à force de repasser cent fois par des chemins déjà balisés, il y a de fortes chances que ledit chemin soit aussi chaotique et accidenté qu’à l’époque de l’invention du genre, les déchets éparpillés ça et là en plus. Comprenne qui pourra…

6,5/10

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