Hellraiser (1987)

Il y a des portes qui méritent de rester fermées…

S’il y a bien un truc que je ne peux pas nier, c’est que Clive Barker a des couilles. Il réinvente le film d’horreur en transposant son roman au cinéma, tout en réutilisant les codes du film de maison hantée. Ni possession, ni esprit frappeur, les Cenobytes ne sont ni plus, ni moins que l’incarnation du Mal sous sa forme la plus pure et la plus jouissive. Gardiens d’un temple de soumission où les tortures les plus brutales trouvent écho dans les orgasmes les plus jouissifs, le sado-masochisme est poussé à son paroxysme et montré de manière la plus intelligente qui soit.

– « Si tu veux un coup de main pour vomir, je suis partant… »

Barker n’interroge jamais le spectateur mais se contente de le brutaliser en lui assénant des images choquantes et éprouvantes. Même les mortels qui subissent le courroux des Cénobytes ne sont que ceux qui ont eu soit le courage, soit la stupidité de chercher à provoquer des forces qui les dépassent. Cependant, même si le scénario est habile et contient son lot d’atrocités (dans le bon sens du terme), les acteurs sont relativement mauvais (mon DVD n’avait pas la V.O !) et semblent si peu surpris de voir un mec en tenue de cuir avec une tête difforme, ensanglantée et claquant des dents se rapprocher d’eux. C’est un cocktail d’épouvante savamment dosé qui nous est proposé, alliant sexe, violence, paranoïa et thématique adulte.

L’anecdote qui dit que la maison utilisée dans Hellraiser est la même que celle où Alex, dans Orange Mécanique, est envoyé pour devenir non-violent est surprenante.

La musique joue un rôle important dans l’ambiance noire et sans concession du film et la partition de Christopher Young en est l’un des points d’orgue. Mais ce qui est dommage c’est que ces scènes, écrites noir sur blanc, perdent de leur intensité une fois qu’elles nous ont été montrées. L’imagination du spectateur faisant la majeure partie du boulot devant un film d’épouvante, le grand guignolesque qui se détache des scènes gores gagnent en ridicule ce qu’elles perdent en suggestion (même si les gros plans sur les crochets font froid dans le dos). Terrifiant de bout en bout, il est étrange de voir dans ce monument de terreur des éléments du film noir (l’amante qui tue par amour, le format du huis-clos) s’y imbriquer parfaitement.

– « Chérie, tu trouves pas que j’ai les traits tirés ? »

Hellraiser est donc moyen dans sa manière d’amener la peur et la modeler à celle du spectateur mais le travail de réalisateur de Clive Barker (c’est son premier gros film !) sur les lumières, les cadrages et l’atmosphère tendent à me faire dire que c’est un mal pour un bien. Il me tarde de découvrir les autres opus, dont certains ont l’air complètement tordus.

6/10

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