Elle s’appelle Ruby – Jonathan Dayton

La plus fertile des imaginations est la plus douloureuse des amantes.

Grand bien m’a pris d’accepter de me laisser embarquer dans une comédie légère en cette fin de journée car elle ne l’était pas du tout. Partant d’un postulat simple, le film redéfinit purement et simplement les notions de comédies romantiques en y apportant une touche de sincérité qui manque notamment aux oeuvres cousues de fils blancs créées uniquement pour plaire au public féminin en manque de vapeurs. L’amour n’a rien de simple et la nouvelle pépite du réalisateur de Little Miss Sunshine n’a aucunement la prétention de nous en livrer une définition. Il cherche juste à évoquer en nous des souvenirs, aussi douloureux qu’agréables, et à éveiller en nous le reflet d’un inconscient collectif qui définirait dans les grandes lignes l’amour avec un grand A, sans pour autant se contenter d’une seule explication plausible.

Sortir de son train-train quotidien afin d’aborder une vie sentimentale est véritablement effrayant.

Comme on me l’a si finement fait remarquer, il est assez étrange qu’une romance traitée du point de vue masculin soit aussi bien analysée par une femme. La scénariste, qui n’est autre que l’actrice principale incarnant Ruby (un très joli brin de femme au passage), semble avoir une idée bien précise de ce que pensent les hommes. Et elle n’est jamais très loin de la vérité, même si sous cette couche de sentimentalisme exacerbé dont fait preuve l’écrivain interprété par Paul Dano, il y a une virilité bel et bien présente (mais elle se rattrape par le biais de la scène de « torture » psychologique écrite noir sur blanc). Elle s’appelle Ruby parle avant tout de la difficulté des histoires d’amour: celle qui consiste à concilier vie sociale et sentimentale, de partager son quotidien avec une personne qui cherche à nous connaître parfaitement, de garder son jardin secret et ses habitudes lorsqu’une partie de notre temps doit être scindé pour l’autre et de parvenir à ne pas se transformer en la personne que l’autre veut que l’on soit ou de l’idée que l’on se fait de son opinion à notre sujet.

La scène du week end chez les parents apporte une touche de fraîcheur mais sans ôter le filtre dramatique du film.

Les acteurs sont tous impliqués et ça se ressent. Les personnages ont un traitement égal, du frère au beau père en passant par le psychiatre. Chacun a droit à sa réplique comique, qu’elle soit cynique, cinglante ou hilarante. La légèreté de l’oeuvre n’apparaît jamais malgré le thème abordé et la singularité de l’histoire ne se ressent jamais, même au détour des scènes les plus invraisemblables. Une vraie bouffée d’oxygène dans l’univers fermé des comédies à l’eau de rose qui sentent le refermé tant leurs procédés différent peu de l’une à l’autre.

8,5/10

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