Ted – Seth McFarlane

Vous ne regarderez plus jamais votre ours en peluche comme avant !

Tout le monde a déjà plus ou moins imaginé une vie à ses jouets. Et la majeure partie des enfants parlent fréquemment à leurs peluches. Et si celle-ci était vivante ? Partagerait-elle votre personnalité ? Ou pire: sa personnalité influerait-elle votre comportement et votre vie toute entière ? Il faut voir ce film avec un regard qui va au delà de la comédie potache. Certes, on n’échappe pas à quelques blagues scatos et machistes (la scène de la merde dans le salon est hilarante) mais elles sont tellement bien écrites et s’infiltrent si bien dans l’intrigue qu’on se retrouve gêné de se surprendre à en rire grassement.

Mila Kunis a un tel sex-appeal que lorsqu’elle parle à Ted, on en oublie qu’elle s’adresse à une peluche.

Le film commence à la manière d’une production Amblin, mettant en avant un enfant pas très dégourdi pour se faire des amis et plongé dans son monde intérieur. Ça ne nous est pas clairement expliqué mais on perçoit l’enfant ainsi tellement notre inconscient collectif le catalogue de cette façon et que notre mémoire, ravivée par la vision des posters d’Indiana Jones dans sa chambre et d’une musique à la John Williams, nous incite à y voir une représentation de la jeunesse du cinéaste en personne, nourri aux péloches de Spielberg et de Dante. Mais le film s’en détache bien vite, se contentant de rappeler cette nostalgie au détour de quelques clins d’oeils habilement distillés tout au long de la bobine (la sonnerie Star Wars, une variation de la récupération du chapeau d’Indy sous la porte dans le premier épisode, Flash Gordon). Toute cette culture populaire contamine le film pour le meilleur et pour le rire.

La fête chez Ted atteint le summum de la connerie. J’adore !

Et ce running gag autour de Flash Gordon aurait pu être ennuyeux s’il n’avait pas été traité de façon aussi frontale. Ici, on ne prend pas de gants et on consacre toute une scène (la meilleure du film) à la rencontre entre la muse de John Bennett (Mark Wahlberg a un excellent potentiel comique) et ses deux fans incontestés. Mais le film est loin de ne proposer qu’une profusion de gags plus ou moins lourds. Il interroge également sur l’amour, la place qu’on lui porte et la manière dont on peut se reconstruire lorsqu’on se rend compte qu’on a tout le temps vécu dans le passé. Mila Kunis joue beaucoup à apporter une touche dramatique à l’intérieur de la comédie, même si elle n’est pas en reste en termes de blagues. Mais c’est ce jonglage permanent entre joie et tristesse qui va permettre de garder le spectateur attentif et ému.

John Bennett a aussi un Mister Hyde: il s’appelle Ted.

McFarlane utilise le thème de la différence pour atteindre le public le plus large public, tout en poussant son sujet à outrance. Ainsi, Ted représente le petit gros avec qui vous étiez pote à l’école, le cancre qui vous poussez à vous rebeller contre l’autorité, l’intello qui vous servait de némésis pour canaliser vos pulsions. Mais surtout, plus qu’un simple ours en peluche, Ted se révèle être la conscience de John, ainsi que la représentation personnifiée de son côté le plus régressif, et donc de son lien avec son jeune âge. Vous l’aurez compris, Ted n’a pas volé son excellente réputation et se hisse au rang des meilleures comédies sans jamais péter plus haut que son cul.

8/10

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