Rio Bravo (1959)

Un objet culte que j’ai enfin pu démystifier !

J’avoue que le début m’a fait très peur. j’avais l’impression d’assister a un western muet. Les mouvements sont surjoués, les coups sont accompagnés d’un piano et je détestais John Wayne (déjà bien avant ce film, je vous rassure). Et là, je me suis dit ô combien je comprenais les détracteurs d’Howard Hawks au profit de John Ford. Mais il m’a fait mentir en me proposant un faux huis-clos poussiéreux et tendu qui, même s’il aurait mérité d’être un peu plus court (les allées et venues dans la chambre d’Angie Dickinson commençait à m’emmerder) gagne à étaler sa tension au maximum afin de profiter pleinement de l’explosion de violence finale.

On patiente plus de deux heures pour savourer cette ultime confrontation. Du grand art !

Je vois à présent parfaitement la filiation qu’on a pu faire entre Rio Bravo et Assaut de John Carpenter. les deux thèmes traitent du même thème avec plus ou moins de noirceur. Et même si on ressent l’influence d’Hawks dans le film de Big John, on peut également reconnaître qu’il se l’est largement approprié pour en faire son matériau à part entière. La lenteur des scènes semble être une pièce maîtresse dans le style du cinéaste tant il aime à sublimer le personnage de John Wayne au détour de dialogues peu intéressants pour l’intrigue, mais permettant de s’identifier au personnage et de comprendre dans quel état de tension permanente il se retrouve.

Une note d’espoir apparaît grâce à la musique et au personnage de Colorado.

Durant 6 jours, le shérif et ses adjoints attendront impatiemment l’arrivée du shérif fédéral, afin de se débarrasser de la détention de Joe Burdette. Et durant ses six jours, le frère de Joe, Nathan, enverra ses sbires donner du fil à retordre à John T. Chance afin de le récupérer. Une guerre des nerfs qui n’a d’autre écho que celui du carnage final. Réutilisé à outrance par d’autres réalisateurs dès qu’il s’agit de faire interagir prisonniers et assaillants (les zombies de Romero, les voyous d’Assaut, les locataires de Rec,…), les pauses sont généralement entrecoupés de réflexions sur soi-même et sur sa capacité à résister à l’oppresseur, attitude purement estampillé américaine et porté fièrement à l’écran par John Wayne, le héros de toute une génération. Un western aussi moralisateur que divertissant, avec ses hauts et ses bas (la longueur me gênera toujours) mais qui est sans contexte comme l’un des meilleurs du genre.

8,5/10

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