L’échine du diable (2001)

L’orphelinat n’était donc qu’un faux remake !

Structurant son récit sur une base historique profondément ancrée dans la culture espagnole et chère au cinéma ibérique (la dictature franquiste), Guillermo Del Toro annonçait déjà son amour des enfants et de leur vision dégagée de tout tiraillement politique. Grâce à l’utilisation de jeunes acteurs, les scénarios de ses films s’inscrivent donc davantage dans le conte fantastique que dans la satire sociale à portée romanesque, laissant la place à une grande part d’émerveillement et permettant au réalisateur d’exprimer sa vision du monde à travers des yeux innocents.

La tendresse adoucit certaines scènes, faisant oublier la douleur de l’affrontement entre civils et militaires.

Mais innocents, il ne le resteront pas longtemps car dans cette guerre, ils auront un rôle à jouer, toutes proportions gardées. Leur destin est tout tracé (le dernier plan est lourd de sens) et leur jeunesse perdue au profit de l’avarice de pouvoir et d’argent de gens sans morale et sans scrupules (flippant Eduardo Noriega). A l’instar du Labyrinthe de Pan, le film se transforme en découverte de soi-même par l’intermédiaire d’un élément fantastique que seuls les enfants semblent pouvoir voir. Mais leur faculté à imaginer un monde meilleur s’envole au gré des jours qu’il passe, confronté à la triste réalité du monde extérieur (le petit dont les dessins de son carnet deviennent de plus en plus réalistes et cruels), malgré leur éloignement visible (le village à un jour de marche).

Le franquisme s’incarne toujours dans un seul et même personnage chez Del Toro, donnant un visage au démon de la dictature.

Mais la bombe présente au centre de la cour du pensionnat rappelle sans cesse à l’esprit que tout n’est pas rose dehors et que si l’on veut s’en sortir, il faut se blinder et être capable de refuser la dictature (la scène finale près du ruisseau n’est ni plus ni moins qu’un passage à l’âge adulte). Le traitement est magnifique, les plans sont jolis et les musiques inquiétantes. Del Toro prouvait avec ce film qu’il allait falloir compter sur lui à l’avenir. Et 11 ans après, il n’a jamais fait démentir personne.

8/10

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