Speed Racer (2008)

Un melting pot de tout ce que le dessin animé et le jeu vidéo a pu enfanté de plus fou.

Par respect pour vos rétines (et parce que le troisième âge a également le droit de lire mes critiques), je n’agrémenterai pas l’article de photos trop vives où les couleurs pétantes noient les courses pétaradantes d’un prisme exacerbé et funky. Vous n’avez rien compris à cette phrase ? Alors vous devriez faire un effort de lecture tant Speed Racer largue quiconque n’entre pas dans le jeu. Car il s’agit bel et bien de ça. Un grand huit de folie où les fantômes de Mario Kart et Wipeout se tiennent par la main pour accoucher d’un divertissement pour enfants tout droit sorti de l’espace.

Pour preuve directe: le personnage incarné par John Goodman arbore fièrement la célèbre tenue du plombier moustachu.

Les frères Wachowski n’ont plus rien à prouver. La trilogie Matrix derrière eux, ils auraient pu. Mais ça serait sans compter sur leur amour du travestissement (ouais elle était facile celle là) pour faire d’Hollywood leur bitch et lui passer dessus sans payer. Leur idée du divertissement est si élaborée, si puissante que les scènes qui bouillonnent allègrement dans le film sont une bouillie de couleurs flashys pour d’uns et un total respect de tout un pan de souvenirs bariolés pour d’autres. L’époque révolue où les mangas et les jeux avaient encore le sens du spectacle et n’avait pas peur d’être contre-indiqué pour les grandes personnes.

Si vous avez déjà envie de vomir en voyant cette image à l’arrêt, ne tentez même pas le coup…

Hors du temps, de toutes contraintes esthétiques et de tout cahier des charges (Joel Silver leur aurait donné les pleins pouvoirs), les Wachowski se lâchent et peignent une fresque familiale à 200 à l’heure, où les bons sentiments dégoulinent autant que l’argent coule à flots dans le portefeuille des actionnaires de constructeurs automobiles. Plus qu’un simple film estampillé « pour jeunes », le second degré de lecture permet d’y voir une critique constructive dans laquelle les indépendantistes seraient confrontés aux magnats d’Hollywood (Speed Racer contre le monde entier en somme).

Racer X ressemble étrangement au fantôme du Bengale !

Cependant, même si les courses font preuve d’une maturité extraordinaire dans leur traitement, on peut regretter la niaiserie de certaines scènes qui font clairement rentrer l’OVNI dans la catégorie des films jeunesse. Mais qui a dit qu’un divertissement familial ne devait s’adresser qu’aux familles ? Les réalisateurs parlent avant tout aux souvenirs enfouis des trentenaires abasourdis de voir une telle aisance visuelle devenir réalité.

7,5/10

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