Des hommes sans loi – John Hillcoat

A vouloir copier Les Incorruptibles dans un cadre champêtre, le sujet perd de sa force.

Je comprend à présent ce qui a fait tiquer les festivaliers cannois. Lawless n’est ni bon, ni mauvais. Et jamais il ne franchit la frontière de la moyenne. Lorsqu’une scène forte fait son apparition, elle se voit déconstruite par le burlesque des situations suivantes, en grande partie du au comportement folklorique des personnages principaux. La famille Bondurant est l’archétype même du western. Mais étant donné que le sujet traite de la prohibition, le léger paradoxe, s’il aurait pu être intéressant à traiter par un meilleur scénariste, devient ridicule lorsque l’action pointe le bout de son nez.

– « Allons pendre Nick Cave haut et court ! »

Alors que The Road avait réussi à me scotcher par ces scènes âpres et dure mais d’une sensibilité rare, Lawless prend le contrepoint de son prédécesseur et se transforme au fur et à mesure du film en une simple farce où les gangsters sont puérils et où les Bondurant représente la fermeté d’une Amérique traditionnelle sans jamais que ça apparaisse à l’écran. Guy Pearce en fait des caisses (en plus d’être sous-exploité), Tom Hardy n’a pas encore réussi à sortir du personnage de Bane (il faut l’entendre ruminer pour le croire !), Shia LaBeouf est une vraie tête à claques (une habitude chez lui) et les personnages secondaires n’ont aucune âme.

– « Je suis l’expiation de…de…de Franklin County ! »

Alors que Hillcoat aurait pu mystifier ses trois frères et les installer sur un piédestal en les transformant en légendes vivantes, il se contente de les filmer sans jamais véritablement les mettre en avant (heureusement que la scène du règlement de comptes à l’hôtel est présente pour leur octroyer une aura divine). Le film perd en émotion ce qu’il gagne en longueur. On ne s’attache à personne et on a juste hâte que ça se termine. Alors que la totalité du film met en avant la confrontation entre l’agent spécial Rakes et les frères Bondurant, la fin est envoyé ad patres, d’une manière abominable. Reste une jolie photo et une B.O qui colle plutôt bien à l’atmosphère. A la prochaine, monsieur Hillcoat.

5/10

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