Greetings (1968)

Un melting-pot de tout ce qui faisait trembler l’Amérique dans les années 60.

De Palma éclabousse l’Amérique avec ce docu-fiction censé représenter les différentes facettes des Etats-Unis, chacune incarnée par un personnage au comportement outrancier et intentionnellement caricatural. De Niro, jusqu’à alors inconnu, laisse éclater tout son potentiel comique et sa présence charismatique en baba cool plutôt porté sur le voyeurisme que sur la tuerie de Vietcongs (d’ailleurs on attribue souvent à tort les premiers rôles de Bob à Martin Scorsese).

Complots et documentaire ne font pas bon ménage chez le réalisateur.

Chacune de ses facettes forge l’Amérique mais également un grand pan du futur cinéma de De Palma. Le voyeurisme du public américain pour les massacres au perpétrés au Vietnam font écho au personnage de Robert De Niro, alors en pleine création d’un art visuel: le peep-art (Body Double reviendra sur ce thème avec énormément d’érotisme). La théorie du complot qui n’a pas épargné l’assassinat de Kennedy porte les traits de Gerrit Graham, reflétant l’amour du cinéaste pour le cinéma d’Antonioni et d’Hitchcock (Blow Out se chargera à son tour de pousser le filon à son paroxysme). Quand à la troisième facette, il s’agit de la libération sexuelle et du mouvement flower power, incarnés par le personnage de Paul, fervent partisan de la non-violence et refusant toute notion d’obligation militaire (Outrages est le parfait représentant de ce refus patriotique).

De Niro brillait déjà d’une aura incroyable !

On peut donc voir dans ce Greetings (dont le titre semble déjà parler de lui même) une entrée en matière dans le 7ème art pour le réalisateur, ainsi qu’un kaléidoscope de tout ce qui le fait gamberger. Une sorte de lettre de motivation qui lui fera trouver un public partageant les mêmes raisonnements que lui, le film faisant un gros flop auprès des studios de production pour la dureté de ses propos. A travers ces portraits richement croqués d’une Amérique violente, expansionniste et libertaire, De Palma laissait parler sa fougue anarchiste avant de s’installer dans le confort d’un cinéma plus maîtrisé, aux sous-textes implicites et où la fiction l’emportait sur le propos diffamatoire. Même si à bien y regarder, toutes les oeuvres du maître ne sont que des rejetons plus ou moins maudits de ce Greetings.

8,5/10

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