The Offence (1973)

Un scénario certes minimaliste mais qui tente de donner une réponse à l’une des plus grandes questions de l’humanité.

Jusqu’à quel point la compassion peut-elle aller ? Quelles sont les limites à franchir et celles à titiller du pied. Sean Connery en fait l’expérience dans la peau d’un flic émotif au point d’en devenir violent. Son boulot d’inspecteur lui tenant trop à cœur et les nombreuses enquêtes aux meurtres atroces dont il a été le principal instigateur partageant ses nuits et son sommeil, on peut aisément comprendre qu’il franchisse le point de non-retour. Et c’est justement cette scène en particulier, celle où il va s’enticher d’un suspect pour en faire sa némésis, que Sidney Lumet va tordre et retordre dans tous les sens, l’essorant jusqu’à en garder le jus viscéral qui ressort de tout acte inconscient, permettant ainsi au public de s’interroger sur sa propre capacité à comprendre l’âme humaine, aussi torturé soit-elle.

On peut clairement dire que c’est à partir de la découverte de la fillette que l’homme perd sa carapace de flic et commence véritablement à vriller.

D’un mécanisme glacial, les plans se succèdent sans lyrisme, frappant de plein fouet le spectateur par une froideur sans appel. Nous regardons un extrait de la vie d’une personne et nous nous apprêtons à assister à quelque chose qui nous dépasse. Point final. Aucune fioritures est nécessaire pour maintenir éveiller son public. Lumet se contente de faire reposer toute la mécanique bien huilée de son scénario sur les épaules d’un acteur hors norme et qui (pour moi) n’a jamais été aussi brillant. La scène dans laquelle des flashbacks macabres illustrent les fantômes de la carrière du policier est saisissante et empreinte d’un malaise étouffant. On amorce la descente aux enfers de la même manière que l’acteur: par des images qui cherchent à s’imprimer définitivement dans notre esprit et nous empêchent de trouver un repos salvateur.

Sean Connery bouffe littéralement l’écran avec une prestation hors du commun!

En ça, le film partage le même aspect malsain aux hommes et à leurs faiblesses qu’Angel Heart, entre les images sombres, l’atmosphère oppressante et la musique mélancolique. Mais il possède également cette vivacité des œuvres cultes, malgré la lenteur de ses plans et la longueur des scènes et rappelle étrangement ce qu’on a pu ressentir devant Chiens de paille ou Delivrance (sortis respectivement en 1971 et 1972). Un choc émotionnel terrible et une envie rassérénée d’en découdre avec les perles méconnus du 7ème art.

10/10

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