Sleeping Dogs – Square Enix (2012)

Square Enix montre qu’il a plus d’un tour dans son sac en pondant ce superbe GTA-like.

N’importe quel facteur vous le dira: un chien qui dort est une menace sourde. Menace d’autant plus grande étant donné que si vous empiétez sur son territoire, il s’accrochera à votre mollet sans jamais lâcher prise. C’est le cas de Wei Shen, agent dormant infiltré au sein de la Triade. Celle-ci se divise la ville de Hong-Kong, chacun cherchant à prendre une part de gâteau plus grosse que son voisin. Wei, devant faire ses preuves au sein de son clan, va chercher à s’emparer des territoires ennemis, tout en faisant jouer ses relations dans la police. Vu comme ça, on pourrait croire que Wei a pris la tangente et n’est plus que l’ombre de lui même: un flic ayant effacé la frontière entre son respect des lois et son code de d’honneur. C’est ainsi que débute le jeu et l’aventure intérieure de cet homme.

La ville est parfaitement modélisée, l’alternance jour/nuit et soleil/pluie donnant une véritable profondeur à l’ambiance du jeu.

On ne sait jamais s’il met du cœur à l’ouvrage parce qu’il apprécie la compagnie des mafieux ou parce qu’il cherche à se faire valoir auprès de ses supérieurs assermentés. Son dossier psychologique fait montre de nombreuses zones d’ombres (chaque mission réussie dans la police nous rapporte une pièce du puzzle de son dossier interne), zones éclairées par le caractère tempétueux du jeune homme et sa vendetta personnelle. Car elle est bien là la trame principale (même si on  la perd rapidement en cours de route). Si Wei a accepté cette mission risquée, c’est avant tout parce qu’il n’a plus rien à perdre. Et ce nihilisme de tous les instants se ressent dans ses actes et ses paroles. Certaines missions qui nous sont allouées sont proches du suicide (la difficulté est tout de même accrue par rapport aux autres jeux du genre).

Une des scènes n’est pas sans rappeler celle des Infiltrés, lui même remake d’Infernal Affairs.

A mi-chemin entre l’hommage à la vague de polars hard-boiled que nous as pondus la Chine dans les années 80 et l’amour du genre GTA-like pour la mafia et ses dérivés, Sleeping Dogs comporte son lot de nouveautés qui apporte à l’action une dose supplémentaire de réalisme. Le gameplay contient du parkour, ce sport qui consiste, à l’instar des yamakasis, à appuyer la théorie de Darwin comme quoi l’homme descendrait du singe. Mais le plus percutant (c’est le mot) est sans contexte le système de combat: intuitif et complet, Wei Shen pourra mettre à mal ses adversaires en leur administrant une bonne dose de kung-fu dont ils se souviendront. Comme dans Batman: Arkham Asylum (et City bien sûr), le procédé consiste juste à enchaîner les combos et à appuyer au bon moment pour contrer. Et même si les coups s’enchaînent de façon moins fluide et spectaculaire que chez le chevalier noir, on a affaire à une petite prouesse du genre, chaque mouvement étant enregistré en motion capture par un véritable combattant en MMA: Georges Saint Pierre.

Les chorégraphies des bastons sont impressionnantes de réalisme, même si elles s’avèrent très vite répétitives.

De John Woo à Ringo Lam en passant par Johnny To, le scénario est habilement mêlé d’éléments déjà largement présents dans le patrimoine cinématographique chinois. La vengeance, l’antihéros charismatique, les gunfights nerveux, les amitiés douloureuses et la morale brinquebalante ainsi que la violence magnifiée font de Sleeping Dogs un melting-pot vidéo-ludique de ce qui se fait de mieux en matière de polars mafieux. La ville, ouverte autant que faire se peut dans ce type de jeu, grouille d’animations et réagit parfaitement à notre soif de destruction et de perte de contrôle. En attendant un GTA 5 qui promet d’être méchamment musclé, Sleeping Dogs reste un héritier largement honorable, qui vous procurera de longues heures de fun.

Les armes à feu sont très peu présentes. Ici, pas question de gaspiller ses balles.

En cadeau, le trailer in real-time du jeu avant sa sortie. Enjoy !

Publicités
Tagué , , , , , , , , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :