The Campaign – Jay Roach

Si seulement la course au pouvoir pouvait vraiment être aussi trash, je passerais mes journées devant BFM TV !

Galifianakis, depuis son apparition remarquée dans Very Bad Trip, a fait son petit bonhomme de chemin. Et obtenir si rapidement un rôle auprès de Will Ferrell, le diplômé en chef de la comédie américaine, ça tient de l’accomplissement. Délaissant John C. Reilly, son fidèle larron (qui est parti faire des films sérieux), Ferrell avait donc besoin d’un autre comparse pour l’aider à refléter toute l’immensité de son génie comique. Et il semble l’avoir trouvé dans cet acteur bedonnant, adepte de l’auto-dérision et sachant parfaitement jouer l’homosexuel (après Date limite, il incarne encore ici un Républicain à voile et à vapeur).

Le soupçon de réalisme de la campagne est ce qui maintient le film dans une connerie latente.

Les meilleures comédies sont bel et bien celles qui apprivoisent un thème pour mieux le parodier. Et lorsqu’il est lourdement ancré dans la culture américaine, c’est d’autant plus fendard (quoi que dangereux humoristiquement parlant) de se moquer de lui. Car il faut savoir faire preuve d’une grande capacité d’auto-dérision pour se poiler devant ce type de comédies. Après les mariages à l’américaine (Serial Noceurs), les compétitions de Daytona (Ricky Bobby), quoi de mieux que la course à la présidentielle. Ou plutôt la vice-présidence (pour éviter de faire trop écho au duel Obama/Romney). Sur fond de crise économique, The Campaign se permet même une critique de la délocalisation et fait remonter en surface les peurs des citoyens américains (le terrorisme, l’avancée de la Chine). Un petit clin d’œil montre même qu’ils sont très sérieux (la caméra de bord de la voiture de police indique fin Octobre 2012 alors que le film sort fin Août) ou qu’ils cherchent à le faire croire.

Tel père, tel fils et…telle femme ?

Mais bien entendu, le sérieux n’est pas ce qui caractérise ce film, loin de là. Car entre la morale à deux balles et le manichéisme constant du script (les Républicains sont le bien et les Démocrates sont le mal et vice-versa), on a droit à une avalanche de gags et de blagues qui m’ont fait mourir de rire. Entre les confessions au dîner de famille républicain ou le visionnage des clips de campagne des démocrates, on a droit à du très lourd en termes de connerie. Et bien que Ferrell soit le Usain Bolt de la discipline, Galifianakis le talonne, si bien que le duo est parfaitement équilibré et que chacune des scènes où il se donne la réplique est excellente.

Les valeurs des Etats-Unis portées à leur paroxysme, ça en devient hilarant.

Après ce coup d’essai largement satisfaisant, espérons que le duo remette le couvert pour une prochaine comédie qui nous fasse travailler aussi facilement les zygomatiques.

8,5/10

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