Total Recall: mémoires programmées – Len Wiseman

Le remake aura permis de magnifier l’imagination foisonnante et visionnaire de Philip K. Dick.

Il est parfois difficile de suivre ses ainés. Il l’est encore plus de marcher dans leurs pas. Mais Wiseman, qui n’a pourtant rien d’inoubliable à son actif, s’en sort avec les honneurs. Surtout qu’il touchait là à un petit bijou de science-fiction qui compte son lot de fans, avides d’éviscérer sur la place publique celui qui réduira à néant le Total Recall originel. Car Farell n’est pas Schwarzy et Wiseman est encore moins Verhoeven. Et même s’il surprend son monde en livrant un film réussi, il était surtout attendu au tournant pour sa capacité à filmer l’action et maîtriser la complexité du personnage de Douglas Quaid.

Kate Beckinsale prend la place de Sharon Stone et s’impose comme une méchante sans pitié, loin du personnage fleurant le sex-appeal à un kilomètre à la ronde.

En plus de suivre un scénario somme toute égal à celui du Verhoeven (mis à part le lieu de l’action qui passe de Mars à la Terre), des éléments phares (la prostituée aux trois seins, l’arrachage de bras) déjà présents dans l’original permettent de faire des clins d’œil appuyés aux fans de la première heure, certaines scènes jouant justement avec notre faculté d’anticipation pour mieux nous tromper (la scène de la transformation où l’on s’attarde sur la grosse femme en est un bel exemple). Malin dans sa faculté à gérer la surprise en sachant pertinemment qu’il est un remake, le film ne s’enlise jamais et tend à faire oublier ce qu’on connaît déjà pour mieux nous surprendre.

Beaucoup moins charismatique que l’Autrichien, Farell s’en sort plutôt bien malgré des mimiques particulièrement gênantes.

Dickien en diable, les décors et l’atmosphère appartiennent à l’univers de l’écrivain et sont parfaitement retranscrits, à l’instar de ceux de Minority Report ou Blade Runner, fleurons du genre. Plutôt une bonne nouvelle lorsqu’on voit qui est aux commandes. Car Wiseman n’est pas le meilleur réalisateur de scènes d’actions qui soit. Mais il s’est amélioré depuis Die Hard 4 car celles-ci sont lisibles, fluides et le montage est cohérent, voire virtuose. Fallait-il défier Len Wiseman pour qu’il se révèle enfin à la face du monde ? Espérons qu’il transforme l’essai avec son prochain film. Pour l’heure, Total Recall 2.0 a tout de l’excellent remake qui fait mouche.

8/10

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